Au cours des vingt dernières années, les nouvelles technologies ont apporté leur lot de bouleversements, et ce, dans toutes les sphères d’activités économiques. Aujourd’hui, elles jouent un rôle de premier plan dans ce combat mondial commun contre la COVID-19, notamment pour les acteurs de la chaine logistique. Le nerf de la guerre ? L’agilité et la résilience.

La pandémie actuelle a créé des changements fondamentaux dans les habitudes des consommateurs. Par ricochet, elle a eu un impact sur toute la chaine logistique. Routes détournées, rupture de stock, conteneurs immobilisés, frontières fermées sont la nouvelle réalité avec laquelle doivent composer les gestionnaires de la logistique.

Remettre au lendemain, un luxe que l’on ne peut plus se payer

Les outils de gestion numérique ne datent pas d’hier, même s’ils se perfectionnent constamment. Malheureusement, l’industrie a longtemps remis au lendemain leur implantation. Pas une priorité. Pas de retour sur investissement clair ? On verra demain. Peut-être.

À preuve, malgré la perturbation de la chaine logistique à laquelle font face les gestionnaires depuis une dizaine d’années, seulement la moitié d’entre eux se sont dotés d’outils technologiques pour augmenter leur résilience, selon 3D Hubs.

Mais un jour, la COVID-19 vint frapper à nos portes. Les choses venaient de changer.

Aujourd’hui, c’est 96 % des entreprises qui souhaitent faire ce virage. Le plus rapidement possible.

La gestion du risque : la nouvelle priorité de la planète logistique

Le monde de la logistique de distribution n’a jamais été aussi complexe qu’aujourd’hui. La prévalence de la mondialisation des opérations a introduit des défis jamais vus auparavant. Même sans pandémie.

Avec la venue de la COVID-19, les entreprises ont implanté de nouveaux processus du jour au lendemain (pensons seulement au télétravail). Ces nouvelles façons de faire ont eu l’effet de provoquer des changements d’attitude chez les dirigeants face aux nouvelles technologies. Alors que leur adoption avait été principalement freinée par l’inertie bureaucratique et de vieilles habitudes bien ancrées, les bouleversements pandémiques allaient finalement modifier les perceptions : le numérique pouvait apporter flexibilité et agilité.

En ces temps imprévisibles où tout change à vitesse grand V, l’accès à des données précises, en temps réel, est devenu la nouvelle devise étalon.

Un exemple de résilience et d’agilité : le Port de Montréal et la COVID-19

En mai dernier, le gouvernement du Canada créait le Conseil de l’approvisionnement lié à la COVID-19. Ce comité des sages donnerait des conseils au gouvernement à l’égard de l’approvisionnement des biens et des services essentiels. Notre présidente et directrice générale, Sylvie Vachon, en fait partie.


Dans ce contexte, nous nous sommes donc associés à CARGO2AI (voir la vidéo), un projet mettant à profit l’intelligence artificielle (IA) pour la manutention des marchandises jugées critiques par les autorités gouvernementales en cette période de crise sanitaire.

Mené par CargoM, la grappe industrielle en transport et logistique du Grand Montréal, développé par IVADO Labs, spécialiste du développement de solutions IA, et financé par le Gouvernement du Canada via Scale AI, un pôle d’investissement et d’innovation axé sur l’accélération de l’application de l’intelligence artificielle (IA) pour les chaines d’approvisionnement, ce projet donna naissance à un outil permettant d’optimiser les processus de déchargement et de viser des temps de séjour de moins de douze heures (ou au jour suivant) des conteneurs contenant des produits critiques.

L’ère des entreprises intelligentes

Selon Marc Engel, directeur de la chaine logistique chez Unilever, l’agilité et la capacité à réagir rapidement à des changements subits tout au long de la chaine logistique s’avèrent plus bénéfiques que tous les exercices de planification et de prévision. Chaque dollar investi pour améliorer l’agilité rapporterait dix fois plus que le dollar investi en planification.

Plutôt que de s’en tenir au processus décisionnel traditionnel de haut en bas, l’entreprise intelligente est propulsée par la technologie, nourrie par les données et activée par l’infonuagique. Les structures rigides sont éliminées et les nouveaux systèmes mis en place favorisent une adaptation continuelle. En favorisant l’agilité et la résilience, ces systèmes stimulent la croissance.

Le succès d’une telle approche réside toutefois dans la capacité des solutions technologiques à communiquer entre elles. C’est pourquoi on parle de plus en plus des cinq Internet logistiques : l’identité commerciale globale, la visibilité partagée, l’optimisation des escales, le flux financier et l’interopérabilité des douanes transfrontalières.

À l’instar des protocoles universels de l’Internet (HTTP, par exemple), ces cinq réseaux numériques deviendraient des biens communs, permettant ainsi d’optimiser les opérations tout au long de la chaine d’approvisionnement.

Le Port de Montréal et ePIcenter : un monde connecté

Piloté par le Port d’Anvers, ePIcenter est un projet qui reflète cette volonté d’unifier la voie (et la voix) « numérique » des entreprises à travers le monde. Composé de 36 partenaires, dont le Port de Montréal, il vise à offrir des solutions concrètes aux défis internationaux des chaines d’approvisionnement. Le but : les rendre plus performantes et résilientes, notamment par l’utilisation de technologies de pointe telles que l’Internet des objets, les opérations synchromodales, l’industrie 4.0 et autres véhicules autonomes.

Selon notre collègue Daniel Olivier, directeur, veille stratégique et innovation, « ePIcenter est un projet d’avenir qui non seulement vient renforcer le leadership de Montréal en matière de solutions intelligentes, mais consolide également le commerce transatlantique, grâce à un corridor cybersécurisé entre Montréal et son partenaire de longue date, le Port d’Anvers. Il facilite ainsi les échanges, tout en déployant des technologies de pointe en matière de cybersécurité. Dans un monde post-COVID, il est essentiel de continuer à assurer la pérennité du Port et d’améliorer la résilience de la chaine d’approvisionnement. »

Qu’en pensez-vous ?