Important, l’environnement ? Plus que jamais ! Dans toutes les sphères d’activités commerciales, on reconnaît de plus en plus le rôle prédominant du développement durable comme moteur économique. Pour la première fois en 10 ans de publication de son Global Risk Report, le Forum Économique Mondial liste les risques environnementaux dans son Top 5. C’est dire.

Au cours des dernières années, l’industrie du transport maritime a implanté de nombreuses initiatives « vertes ». Mais même si les inquiétantes colonnes de fumée noire sortant des cheminées du Titanic sont chose du passé, il reste encore beaucoup de travail à faire. Et ce, même si le transport maritime demeure le moyen de transport de marchandises le moins polluant. Rappelons-nous simplement qu’avec un litre de carburant pour une tonne de marchandise transportée, un navire parcourt 358 km ; un train, 225 km ; et un camion, 41 km.

L’Organisation maritime internationale (OMI) est devenue l’une des championnes du développement durable. Ainsi, depuis le 1er janvier 2020, grâce à son programme OMI 2020, la limite de la teneur en soufre du mazout utilisé à bord des navires a été abaissée à 0,50 % m/m. Cette mesure a permis de diminuer de 77 % les émissions d’oxyde de soufre (SOx) des navires, une réduction annuelle de 8,6 millions de tonnes métriques de SOx.

Un effet rassembleur

Plusieurs leaders du secteur ont changé leur fusil d’épaule et sont devenus des acteurs de premier plan en matière de développement durable, notamment par la décarbonisation du transport.

Pensons au Center for Zero Carbon Shipping, parrainé par la Fondation A.P. Møller, un centre de recherche indépendant regroupant autour de la même table des intervenants politiques, scientifiques, universitaires et du transport maritime en vue d’accélérer la décarbonisation du transport maritime.

Ou encore au IMRB (International Maritime Research and Development Board), un programme de recherche et développement mis en place et financé par l’industrie — 5 milliards de dollars en 10 ans ! – en vue d’accélérer, là aussi, la décarbonisation du transport maritime.

Le développement durable, c’est aussi l’affaire des ports… intelligents

Les autorités portuaires ne sont pas en reste face aux défis environnementaux. Ensemble et individuellement, elles réfléchissent à la problématique. Et elles posent des gestes concrets. On l’a vu avec le Port de Rotterdam, qui partage sa vision dans son papier blanc intitulé « Port of the Future—7 building blocks ». On l’a vu au Port de Hambourg, qui se joignait récemment à la Getting to Zero Coalition, une alliance de plus de 120 entreprises à travers le monde. Et on le voit tous les jours, ici même au Port de Montréal.

Et du Port de Montréal !

Comme le souligne notre collègue Claude Deschambault, directeur de l’environnement : « Le développement durable est au cœur de notre vision stratégique. Année après année, nous nous activons à prendre des mesures pour réduire l’empreinte environnementale de nos opérations, en plus de nous impliquer dans des démarches citoyennes. »

Parmi nos plus récentes initiatives, on retrouve :

  • Le branchement électrique à quai au nouveau terminal de croisière, de même que pour les navires-hivernants, une initiative qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 2 800 tonnes par année. 

  • Un système d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL), qui a permis d’éviter l’émission de 28 000 tonnes de GES au cours des trois dernières années.

  • La nouvelle version prédictive de l’application PORTail du camionnage, qui permet de réduire l’empreinte carbone globale des camions au port en fournissant, 24 heures à l’avance, les temps d’attente sur nos terminaux aux camionneurs et aux répartiteurs.

  • L’inventaire des GES et des polluants atmosphériques, effectué à deux reprises à la grandeur du Port de Montréal et à Contrecœur, en 2010 et 2017. On a pu constater une réduction substantielle de 22 % des émissions de GES par tonne manutentionnée et de 62 % des polluants atmosphériques. Le prochain inventaire est prévu en 2021.

  • Une flotte de véhicules entièrement hybride en pratique. Et nos partenaires nous emboîtent le pas. Ainsi, l’opérateur de terminal Termont s’affaire à implanter sur l’ensemble de ses tracteurs de cour la technologie québécoise Active Stop-Start d’Effenco. À terme, cela représentera une réduction d’émissions de GES de plus de 720 tonnes/an... De son côté, Société Terminaux Montréal Gateway (STMG) a procédé à l’électrification de 10 nouvelles grues-portiques sur pneu. Une autre réduction de 1 700 tonnes/an de GES.

  • Notre participation à l’Alliance verte en tant que membre fondateur. Ce programme de certification environnementale de l’industrie maritime nord-américaine vise à réduire l’empreinte environnementale par l’adoption de mesures concrètes et mesurables. Année après année, nous figurons dans le peloton de tête des ports les plus performants du programme.

  • La participation du port au Clean Marine Fuels Working Group, coordonné par l’association internationale des ports et havres.

  • La préservation de l’écosystème maritime et des rivages. On peut citer notamment :

  • L’installation de 19 séparateurs hydrodynamiques qui traitent les eaux de surface, réduisant ainsi les rejets au fleuve des matières en suspension et des hydrocarbures.

  • Une corvée de nettoyage des rives à Contrecœur, qui a attiré plus de 100 bénévoles, permettant de ramasser quelques 300 kg de déchets.

  • Notre contribution financière au Fonds d’action Saint-Laurent, un organisme de bienfaisance voué au soutien financier de projets favorisant la conservation des écosystèmes et de la biodiversité du fleuve Saint-Laurent et de son golfe.

Et ce n’est qu’un début !

Pendant que des drones flaireurs d’émanations de soufre survolent les routes maritimes du Danemark et que le constructeur naval norvégien Ulstein planche sur un navire à zéro émission, on continue, nous aussi, à faire notre part pour rendre notre monde plus vert.

Et histoire de nous rappeler l’importance de protéger notre planète et nos océans : tout l’été, nous avons pu observer le va-et-vient des abeilles de nos deux ruches. Comme elles travaillent fort, elles aussi, à rendre notre monde meilleur ! Inspirant.