Typiquement nord-américaine, la canneberge séduit par son goût, ses nombreuses utilisations possibles et ses vertus antioxydantes. Pas étonnant qu’elle ait conquis le monde entier ! C’est l’entreprise québécoise Fruit d’or qui détient le titre du plus grand exportateur de canneberges biologiques dans le monde.

 

Né au tournant du millénaire, Fruit d’or a fait sa marque de commerce dans la canneberge biologique. Car si le petit fruit rouge pousse aussi bien ici qu’aux États-Unis, le sol québécois offre un avantage indéniable sur son voisin du Sud : le froid. Avec beaucoup moins de pesticides et de fongicides nécessaires, le climat est un atout pour la culture de la canneberge biologique. Muni de cet avantage, Fruit d’or s’est imposé à l’échelle mondiale, avec des exportations sur tous les continents. « On détient 60 % des parts de marché mondiales en bio », nous dit Anne Létourneau, directrice des ventes de Fruit d’or. « Même les Américains s’approvisionnent ici ».

Le premier marché : l’Europe. Et pas loin dernière : la Chine, un marché qui ne cesse de croître. « Il y a 3 ans, nous n’étions pas là du tout, mais le marché évolue rapidement. » Les marchés de l’entreprises prennent la même tangente que ceux desservis par le Port de Montréal. Pourquoi un tel engouement ? Des habitudes alimentaires qui changent et qui s’occidentalisent : on la trouve aujourd’hui dans les produits de boulangerie, de petits-déjeuners ou les mélanges de noix. « J’ai même vu des pizzas aux canneberges en Chine » nous dit Anne Létourneau. « Comme la canneberge n’est pas un ingrédient traditionnel de leur gastronomie, les cuisiniers n’ont pas d’idée préconçue sur son utilisation. Aucune limite à leur créativité ! »

La grande histoire d’un petit fruit

Ce qui a commencé au début avec une ou deux palettes — et un pari risqué : celui de faire du bio il y a 20 ans — alors que le marché était marginal, compte aujourd’hui 5 usines et quelque 350 employés.

En croissance depuis 20 ans, la compagnie se réinvente et se diversifie. Une part du produit est vendu tel quel sous forme de fruit séché ou congelé, et une autre part sert d’ingrédient à une multitude d’autres aliments, comme des confitures, mélanges de noix, céréales, chocolats, yogourts, etc.

De plus, plusieurs procédés permettent de le consommer sous diverses formes. À côté de la canneberge congelée et séchée, on peut par exemple utiliser les pépins pour récolter l’huile de canneberge, qui entre dans la fabrication de cosmétiques et crèmes. Les résidus de peau sont broyés pour obtenir de la poudre, qui peut entrer dans la composition de gélules ou vitamines. « Rien ne se perd ! Toutes les parties de la canneberge sont utilisées. » Et il y a deux ans, l’entreprise faisait l’acquisition de Bleuet Nordic, ajoutant le bleuet — autre petit fruit emblématique d’ici — à son offre.

 

De la graine à la tablette d’épicerie

Ce petit fruit est un enfant du pays, rappelle Anne Létourneau. Il pousse dans un rayon de 50 km autour des usines de Fruits d’or, cultivé par les producteurs locaux. Chaque automne, il est récolté selon une méthode aussi éprouvée qu’impressionnante. Comme les fruits sont plus légers que l’eau, les champs de canneberge sont inondés afin de pouvoir détacher les alvéoles facilement. Le fruit est ensuite transformé : congelé, pressé, moulu ou réduit en poudre, il prend diverses formes en fonction de sa destination finale.

Ensuite, les fruits prennent la route : les produits congelés voyagent en conteneurs réfrigérés, tandis que les fruits séchés partent dans des conteneurs normaux. Au Port de Montréal, ils sont chargés sur des navires à destination des quatre coins du monde. Au total, ce sont environ 650 conteneurs de ces petits fruits qui sont expédiés chaque année.

 

Toujours en évolution

Pour suivre l’évolution des tendances, la canneberge prend le virage santé. « Réduire la consommation de sucre est un enjeu de plus en plus présent » nous dit Anne Létourneau. Fruit d’or a ainsi récemment dévoilé un nouveau produit sans sucre ajouté, misant sur une part de marché qui va aussi aller croissante, selon les estimations.

Et malgré l’année 2020 passée sous le signe de la pandémie, la compagnie n’a jamais cessé ses activités. Au contraire : elle mise sur sa croissance à venir et a récemment investi 17 millions de dollars dans son usine de Plessisville pour bâtir une 2e ligne de séchage.

« Comment faire pour développer nos relations commerciales dans un contexte comme celui d’aujourd’hui ? » Une chose est sûre, c’est que l’équipe a eu l’occasion de relever le défi de se réinventer pour maintenir les relations commerciales partout sur la planète. « Ce qui est bon, c’est que ça nous oblige à “penser en dehors de la boite” et voir les choses différemment. De bonnes choses vont rester. Bien sûr, la COVID a été une épreuve. Mais on a un super produit : on poursuit et on va y arriver ! »

 

 
De gauche à droite : Sylvain Dufour, vice-président, développement des affaires, Rachel Carrier, vice-présidente aux ressources humaines, et Martin LeMoine, président de Fruit d'or