Qui a dit que l’agriculture était un secteur traditionnel ? Depuis plus de 30 ans, l’entreprise Groupe Anderson, établie dans la MRC d’Arthabaska, se spécialise dans la conception et la construction de machinerie agricole. Son credo : innover pour construire des machines toujours plus performantes, plus efficaces et mieux pensées, qui font fureur sur le marché international.

 

Fait au Québec

Fondé en 1988, le Groupe Anderson a multiplié au fil des décennies les petites révolutions dans le milieu de l’équipement agricole haut de gamme, s’imposant à grande échelle au point de détenir aujourd’hui plus de 70 % des parts de marché mondial dans son domaine. Au total, une vingtaine de pays dans le monde ont adopté les machines conçues et fabriquées dans l’usine de Chesterville, notamment les États-Unis, la Russie, l’Allemagne et l’Australie.
 

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Patrice Desrochers

« Nos clients sont des producteurs laitiers ou bovins qui cherchent à optimiser leur production », nous dit Patrice Desrochers, PDG du Groupe Anderson depuis 2010. Lui-même fils d’agriculteur ayant grandi sur une ferme laitière, il a fait des études en administration des affaires avant de revenir travailler dans la région et prendre les rênes de l’entreprise quelques années plus tard.

Le groupe s’impose grâce à deux produits phares : une enrubanneuse de balles, qui permet de sceller sous vide des balles de foin pour optimiser la conservation du foin servant à alimenter les troupeaux l’hiver, et une remorque autochargeuse, qui permet de connecter et rapatrier les balles de foin sur les champs. Une machine particulièrement utile sur les fermes à grande superficie pour permettre aux fermiers de gagner en efficacité dans un contexte de concurrence mondiale rude.

 

L’innovation : un travail d’équipe

Au cœur de l’ADN de l’entreprise se trouve une philosophie de l’innovation : chaque nouvelle machine est le fruit d’un processuscarnet2021 ete balise machine collectif de conception et de développement. Au départ, une équipe de 12 ingénieurs, concepteurs et dessinateurs de tous horizons, essentiellement des ingénieurs en électromécanique, s’attache à faire germer l’idée. « On part de nos enjeux stratégiques d’entreprises : quels irritants aimerait-on atténuer ? Et on développe nos produits pour répondre à ces enjeux ». Une fois que le produit est conçu et dessiné, une autre équipe de cinq ingénieurs manufacturiers l’adapte pour le rendre manufacturable à moindre coût, le plus rapidement possible. « Et dès qu’on a un compromis entre les deux équipes, on passe en production. »

En tout, le processus s’étale sur une durée de cinq ans, de l’idée originale à la maturité d’un produit prêt pour la vente, dont trois ans pour développer le prototype et deux ans pour le perfectionner. Pourquoi si long ? « On a une période très limitée, les six semaines par année de la saison des foins, pour tester les machines avant la commercialisation. Le reste du temps, on fait des tests cycliques en usine où on essaie de répliquer les conditions réelles des différents pays où on exporte, mais ce n’est jamais pareil que faire des tests réels. »  

 

Force et simplicité

Ce qui les démarque ? « Des produits extrêmement robustes », poursuit Patrice Desrochers. Les conditions particulièrement difficiles au Canada — conditions routières des campagnes canadiennes, météo ou superficies immenses — poussent l’équipe à redoubler d’efforts pour concevoir des machines à toute épreuve. « On est des experts dans notre domaine. C’est un savoir-faire du Canada qu’on apporte dans plusieurs pays. »

Parallèlement, le groupe met beaucoup d’emphase sur la simplicité d’utilisation. « Ce sont des produits extrêmement complexes, mais sur lesquels on réussit à simplifier au maximum l’interface de contrôle de l’opérateur. Même un enfant de 14 ans pourrait les conduire ! » Les machines s’adaptent ainsi à tous les marchés et à tous les travailleurs du monde entier, peu importe leur formation ou leurs connaissances en mécanique ou en ingénierie. carnet2021 ete balise champ

Conçu pour l’export

Et pour réussir son succès commercial, le groupe garde en tête un critère incontournable : la conteneurisation. « Avant même de fabriquer un produit, les machines sont conçues pour pouvoir facilement être transportées par conteneur n’importe où sur la planète. Si la machine dépasse en dimensions les portes d’un conteneur, on prévoit des sections démontables pour pouvoir l’expédier par conteneur ». Ce faisant, l’équipe se garde une longueur d’avance sur ses concurrents : lorsqu’une opportunité internationale est à saisir, la cargaison est déjà prête à prendre la mer, via le Port de Montréal.

Compte tenu de la taille des machines — entre 20 et 40 pieds —, le transport maritime est sans conteste la voie privilégiée. « Efficace, peu couteuse, toujours fiable, avec des délais respectés », nous dit Patrice Desrochers, avant de préciser « en temps normal ». En effet, dans le contexte actuel lié à la COVID-19, la chaîne d’approvisionnement subit les contrecoups des pénuries et de l’augmentation des coûts. « On espère un retour rapide à la normale ».

 

Perspectives d’avenir

S’il travaille essentiellement à consolider ses marchés actuels, Patrice Desrochers garde l’œil sur le développement de nouveaux marchés. La Chine, la Corée du Sud, l’Espagne, l’Irlande… autant de pays dont la production agricole représente de nouveaux marchés potentiels. Le rendez-vous bisannuel à ne pas manquer demeure la plus grande foire de machinerie agricole au monde, à Hanovre, « notre tremplin pour présenter nos produits aux clients ».

Quelques chiffres

 

Une usine de 130 000 pieds carrés

140 employés

75 % du chiffre d’affaires lié à l’exportation

Présent dans 22 pays dans le monde

Plus de 1000 machines produites par an