Saviez-vous que tous les navires qui arrivent dans le Saint-Laurent se font prendre en charge, à hauteur des Escoumins, par un pilote du Saint-Laurent ?

En effet, tous les navires d’une certaine envergure qui remontent ou descendent le fleuve dans le secteur s’étendant entre Les Escoumins et Montréal − rivière Saguenay comprise − sont assujettis au pilotage obligatoire : un pilote breveté doit monter à bord du navire et le conduire sur un des trois segments, Escoumins-Québec, Québec-Trois-Rivières ou Trois-Rivières-Montréal.

Cette pratique est en réalité très ancienne. Jean Leclerc, historien et auteur de l’ouvrage Les pilotes du Saint-Laurent 1762-1960, répertorie dès le 18e siècle ce recours aux pilotes du Saint-Laurent pour amener les navires transatlantiques à bon port.

Pourquoi ? Le fleuve, peu profond sur la plus grande partie de sa longueur, comprend un chenal tortueux et relativement étroit. Les principaux risques de navigation sont les courants, les eaux restreintes, la nature du chenal, les fréquentes périodes de mauvaise visibilité, la densité du trafic et l’état des glaces en hiver.

Formé à l’Institut maritime du Québec, le pilote du Saint-Laurent connait le fleuve comme sa poche : les îles, les récifs, les hauts fonds, les bancs de sable, mais aussi les courants, les marées, les chenaux, les traverses et les mouillages. Il sait aussi tenir compte de plusieurs facteurs tels la météo, les dimensions du navire, la densité du trafic et peut prévoir ses décisions en fonction du risque.

Depuis la Loi sur le pilotage de 1985, la pratique est légiférée et encadrée strictement.

Comment se passe l’embarquement ? Le pilote monte à bord d’un bateau-pilote, une petite embarcation d’une vingtaine de mètres pouvant naviguer à vive allure. Le navire doit ralentir sa vitesse et déployer une grande échelle de corde le long de sa coque. Le bateau-pilote se stabilise au bas de l’échelle et le pilote doit la gravir pour monter à bord. Il est accueilli sur le pont principal par l’officier en devoir qui le conduira immédiatement à la timonerie, où il sera accueilli par le capitaine du navire. Le pilote prend immédiatement la charge de la conduite du navire et transmet le cap à suivre au timonier.

Découvrez le travail des pilotes du Saint-Laurent en images : https://youtu.be/mk5sQVCMIPA

Photo: Dany-Martin Leclaire