La Fondation Métropolis bleu organise un des plus importants festivals littéraires multilingues d’Amérique du Nord. Depuis 2018, il présente aussi, en collaboration avec le Port de Montréal, la série maritime : une série jeunesse autour du thème du fleuve organisée dans les municipalités de Contrecoeur, Varennes et Verchères.

 

La naissance de la série

À l’origine de la série maritime, il y a la complicité d’une entrepreneure et d’une auteure. William St-Hilaire dirige le festival Métropolis bleu depuis 10 ans et se passionne pour les projets culturels, éducatifs et sociaux. Linda Amyot est écrivaine, éditrice et scénariste, auteure de livres jeunesse, et au cœur d’un vaste réseau d’auteurs et de bibliothécaires.

Et il y a une idée commune de faire « apprendre à redécouvrir le fleuve. Quelque chose qu’on voit tous les jours, on n’y prête plus nécessairement attention. Le Fleuve fait partie du décor et on finit par ne plus le voir ».

Aveccarnet2020 metropolis contrecoeur 2018 cette idée en tête, les deux femmes qui sont collaboratrices de longue date travaillent à monter une série d’ateliers pour le volet jeunesse du festival. Des contes et légendes du Saint-Laurent, des bricolages à saveur maritime, des créations littéraires autour du thème du fleuve… depuis 3 ans cette année, avec une pause entraînée par la COVID-19, les bibliothèques et écoles de la région ont pu profiter de ces activités thématiques. « On aborde le fleuve de façon large », précise William St-Hilaire. « On peut parler aussi bien de faune et de flore que de navires, d’écologie, d’activités nautiques ou portuaires ».

L’art et le fleuve

Ainsi, à travers cette série, le fleuve Saint-Laurent devient un objet d’art et une source de création.

Pour Mme Chose, conteuse professionnelle qui a animé les ateliers de la première Série maritime, le fleuve Saint-Laurent se laisse découvrir à travers les innombrables histoires qui composent un héritage littéraire encore trop méconnu. « J’ai une histoire d’amour avec le fleuve » nous dit-elle. Pour ses ateliers littéraires avec Métropolis bleu, elle puise autant dans le répertoire existant que dans son imagination afin de concevoir ses histoires maritimes. Selon elle, « on ne parle pas assez du fleuve en littérature. Pourtant, il fait partie de notre mythologie collective. ». Et les enfants sont les premiers à se régaler d’histoires de marins, de baleines ou de monstres sous-marins.

De son côté, Caroline Barber a orienté ses ateliers vers la création littéraire. « Je travaille sur le rendu poétique » nous dit-elle. En se basant sur le thème du fleuve, les enfants sont invités à créer des poèmes et des bricolages qui seront ensuite exposés dans les bibliothèques. Son outil de prédilection ? Le haïku : « La poésie permet de créer un lien avec les éléments que nous voyons tous les jours sans toujours les remarquer. Elle permet d’exprimer à quel point le lien avec le fleuve est important, même si on ne s’en rend pas compte au quotidien ».

Un jeune public réceptifcarnet2020 metropolis vernissage

De côté des enfants, l’intérêt est au rendez-vous à tous les coups...  « Quand on pose la thématique du fleuve, c’est tout le quotidien qui remonte. Ce sont les marches en famille au bord de l’eau, la pêche avec papa, mais aussi pour certains, les inondations. On ouvre une porte, mais on ne sait pas ce qui va en sortir ! », nous dit Caroline Barber. Les enfants sont donc invités à explorer cette relation au fleuve selon leur vécu et leur expérience, chacun à sa manière…. Une chose est sûre dans les municipalités riveraines : « Ils ont tous une connexion avec le fleuve, il fait partie de leur vie quotidienne. »

Et pour les enfants plus grands, la relation au fleuve peut prendre une dimension beaucoup plus scientifique et écologique. En effet, les thèmes de l’environnement, des fonds sous-marins ou de la protection des écosystèmes font l’objet de rencontres, de présentations et de créations. « Dans certaines maisons, il n’y a même pas de tri de matières recyclables. Alors, dès qu’on réussit à les éveiller et à planter la graine, ils se sentent investis d’une mission ! »

Même si la pandémie a forcé l’annulation des ateliers du printemps, l’équipe est prête à reprendre le dialogue dès l’automne. Un rendez-vous littéraire avec le fleuve Saint-Laurent !

Accédez au site web du festival : https://metropolisbleu.org/

carnet2020 metropolis bulles Mme Chose. Photo : Louise Rivard