Même si le transport maritime est le plus écologique des moyens de transports de marchandises, on cherche sans cesse à diminuer les impacts, améliorer le bilan et repenser l’avenir. « Il y a toujours place à l’amélioration ! » nous dit Martin Forêt, coordonnateur du réseau MerLIN.

 

Le meilleur futur possible

Axé sur l’innovation dans le secteur maritime et portuaire, cet organisme, soutenu depuis ses débuts en 2016 par le Port de Montréal, fait le pont entre le milieu universitaire et les industriels afin de concevoir et bâtir le meilleur futur possible pour le secteur maritime.

« On voulait créer une table de discussion entre industriels pour parler d’innovation et travailler sur des enjeux communs », explique Noémie Giguère, directrice de Technopole maritime du Québec, dont fait partie le réseau MerLIN.

À travers des ateliers, des activités de réseautage ou des projets communs, MerLIN se donne donc une mission : « après avoir identifié les besoins, mettre en contact les bons chercheurs avec les bons industriels », poursuit Martin Forêt. Océanographe de formation, Martin Forêt allie ses connaissances approfondies du milieu de la recherche et un répertoire exhaustif d’industriels et d’entreprises. Grâce au réseau MerLIN, les projets de recherche peuvent trouver une application concrète chez un armateur, dans un port ou dans une entreprise, et inversement, les entreprises peuvent aller chercher des solutions novatrices à leurs besoins. « On cherche là où on peut innover et progresser, pour ensuite venir intervenir de manière ciblée sur ces enjeux. »

 

Axes prioritaires

Parmi les axes les plus prioritaires figure notamment l’amélioration de l’impact écologique de l’industrie maritime et portuaire. « La diminution des impacts environnementaux est une question cruciale pour les années à venir. » nous dit-il. « De partout, on cherche à analyser les impacts et trouver des moyens de les réduire ».

Les carburants alternatifs, l’électrification des transports, la conception de navires moins énergivores, par exemple, mobilisent à l’heure actuelle de nombreux projets de recherche et de développement. « Quels vont être les carburants du futur qu’on va pouvoir utiliser au Québec ? » demande par exemple Martin Forêt. « On travaille beaucoup à réduire l’empreinte carbone des navires et du transport maritime au sens large. On cherche à trouver des solutions alternatives. » Le projet d’électrification des quais pour les navires de croisières et les navires hivernants, réalisé au Port de Montréal en partenariat avec Hydro-Québec en 2017, en est un exemple. Ces questions sont aujourd’hui incontournables pour les armateurs qui travaillent à concevoir la prochaine génération de navires.

Autre cheval de bataille : l’impact de la navigation sur l’écosystème marin, qu’il s’agisse de mammifères marins ou de l’érosion des berges. « On se penche sur le paysage sonore dans le Saint-Laurent. Quel type de navigation est le plus néfaste ? Quelles mesures peuvent être prises pour limiter les impacts ? » Récemment annoncé, le projet MARS prévoit la construction d’une station acoustique en face de Rimouski. « Les navires de passage pourront s’y arrêter pour faire évaluer leur bruit, que ce soit le bruit dans l’eau ou sur le navire. » Ces données offriront des connaissances précieuses pour se conformer aux règlementations, répondre aux demandes, planifier les constructions des navires futures, ou les changements à apporter sur les navires actuels. « Ce projet est une vitrine incroyable pour les technologies marines du Québec », ajoute Noémie Giguère.

Une chose est certaine, c’est que le milieu maritime est engagé à plein régime dans cette évolution. « C’est un point fort du transport maritime québécois d’avoir cet aspect innovation en tête. Ce un secteur particulièrement proactif. Tout le monde comprend l’importance du transport maritime. L’important est donc de continuer à être innovant, de le faire progresser », poursuit Martin Forêt.

Noémie Giguère, directrice de Technopole maritime, et Martin Forêt, coordonnateur du réseau MerLIN