Depuis plusieurs années, le Fonds d’action Saint-Laurent (FASL) agit au cœur de l’écosystème naturel du Saint-Laurent pour soutenir des projets de mise en valeur, de restauration et de protection de la biodiversité, figurant parmi les partenaires privilégiés du Port de Montréal. Un allié précieux pour l’avenir du fleuve !

Jean-Éric Turcotte

« Le Saint-Laurent est un géant vulnérable », nous dit Jean-Éric Turcotte, directeur général du FASL, « un géant aux pieds d’argile ». La petite équipe composée de trois personnes à l’interne et appuyé par un conseil d’administration compte près de 200 projets réalisés dans toutes les régions du Québec axées sur un seul objectif : protéger le Saint-Laurent.

Le FASL favorise le financement de projets issus de la concertation de partenaires. Le ministère des Transports du Québec, qui soutient le FASL à travers Avantage Saint-Laurent et les entreprises privées sont impliqués. À l’échelle régionale, les organismes sur le terrain, les mandataires, notamment les comités ZIP, se concertent, se mobilisent et impliquent leurs partenaires régionaux afin de réaliser les projets. « Ce que nous faisons, c’est encourager à assoir des gens qui naturellement ne travailleraient pas ensemble et qui finissent par offrir des solutions concrètes bénéfiques pour l’écosystème. Ce n’est pas arrivé souvent qu’un ministère à vocation économique et des organismes industriels comme des ports travaillent main dans la main avec des organismes environnementaux. Quand tout le monde se concerte et travaille dans la même direction, on fait des gains pour l’environnement », précise-t-il.

Les projets sont sélectionnés selon trois principaux volets : la préservation, la restauration et la mise en valeur des milieux naturels, auxquels s’ajoutent les volets secondaires de l’éducation, la sensibilisation et l’acquisition de connaissances.

 

Des résultats immédiats2022 09 06 voisins projet4

Quant aux résultats, ils ne se font pas attendre, nous dit Jean-Éric. « Nous voyons directement la contribution de notre travail et les effets bénéfiques sur le milieu de notre fond. »

Citons notamment la création de bandes riveraines qui permettent d’empêcher les pesticides provenant des champs de se déverser dans les rivières. « En deux ou trois ans, on constate des gains substantiels en matière de qualité de l’eau. » À titre d’exemple, 1200 m2 de bandes riveraines ont été aménagées sur l’île Bouchard l’an dernier.

Citons également la création d’habitats artificiels pour hirondelles de rivages, dont les nichoirs naturels ont en partie disparu à cause de l’artificialisation des berges. Pour y pallier, des structures artificielles qui permettent aux hirondelles de venir nicher sont créées. De tels projets ont notamment été réalisés dans l’est de Montréal, ainsi qu’à Kahnawake et dans la baie de Beauport.

Et récemment, l’organisme a également soutenu un projet de restauration d’habitat d’anguilles en partenariat avec la nation huronne-wendat. « En raison d’obstacles humains, comme des barrages, les passages habituels de certaines anguilles qui migraient étaient devenus infranchissables. En créant des structures qui leur permettent de remonter les barrages, les anguilles se sont réapproprié leur territoire et occupent maintenant les cours d’eau en amont des barrages. »

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Agir et instruire

Au-delà des retombées directes, Jean-Éric souligne la dimension pédagogique des projets. « Lorsque nous implantons une bande riveraine, par exemple, nous avons l’habitude d’y ajouter un volet démonstration : nous invitons des personnes clés susceptibles de s’impliquer sur d’autres projets pour qu’ils acquièrent le savoir-faire et qu’ils soient capables de le répliquer sur un autre territoire. Et nous expliquons tout ce qu’il faut pour garantir le succès de la bande riveraine : quelles espèces planter, comment piquer le sol, comment favoriser le maintien à long terme. »

 

Encore beaucoup à faire2022 09 06 voisins projet9

 Même si Jean-Éric se dit enthousiaste devant les résultats obtenus jusqu’à présent, le plus long reste à venir. « Nous allons dans la bonne direction, mais ce n’est qu’un balbutiement. Nous ne sommes qu’au début d’un long processus qui vise à faire de la société québécoise une société plus durable », souligne-t-il.

 La solution à privilégier ? Dans le sillage de ce que le FASL réalise actuellement, la meilleure option reste la collaboration à grande échelle, incluant une part croissance d’investissements publics, un engagement accru des entreprises, et une meilleure prise en compte de la société civile. 

Nous avons hâte de poursuivre le travail avec eux pour l’avenir !

Ci-dessous : 
  • Contrôle de l’𝐚𝐬𝐜𝐢𝐝𝐢𝐞 𝐣𝐚𝐮𝐧𝐞 (EAE) au port de Cap-aux-Meules, Iles-de-la-Madeleine (photos : Comité ZIP des îles)
  • Installation de nichoirs à hirondelle noire dans 4 villes liées au Comité ZIP du Haut Saint-Laurent (photos : Comité Zip du HSL)
  • ZIP Jacques-Cartier, Installation de nichoirs à hirondelles, parc du Fort de Pointe-aux-Trembles, Montréal – 2019 (photos – ZIP JC)
  • Préparation des nichoirs à hirondelle par la dans la réserve naturelle en milieu privée de l’île aux pommes, Société de protection et d’aménagement de l’île aux pommes (SPAIAP) – 2021 (photos Jessica Latouche)