On sait que 80 % du transport de marchandises dans le monde se fait par voie maritime… Est-ce le moyen de transport le plus durable ?

 

Avec un litre de carburant pour une tonne de marchandise transportée, un navire parcourt 358 km, un train 225 km et un camion, 41 km, selon la SODES, ce qui fait du transport maritime, et, de loin, le moyen de transport de marchandises le plus sobre en carbone. Parallèlement, une analyse de l’organisme Research and Traffic Group dévoile qu’en moyenne, déplacer une tonne de marchandises sur un kilomètre par bateau émet 12 grammes de CO2, contre 14 g par train alors que par camion, c’est 76 grammes.

Et tandis que le secteur du transport est le plus gros émetteur de GES au Québec, le transport maritime représente quant à lui 1,1 % des émissions de GES totales, selon dernier inventaire québécois des émissions de GES (2018).

Un mode de transport en forte croissance

Malgré cet avantage indéniable, la croissance constante des volumes de marchandises transportées dans le monde n’est pas sans poser des défis de taille aux différents intervenants de l’industrie. En effet, la CNUCED prévoit que le trafic maritime international connaîtra un taux de croissance annuel moyen de 3,5 %.

Pour continuer à faire évoluer le transport maritime conformément aux principes du développement durable, l’Organisation maritime internationale (OMI) a chapeauté en 2018 un accord international visant à réduire « d’au moins 50 % » les émissions de CO₂ du transport maritime d’ici 2050 par rapport au niveau de 2008.

Tout l’écosystème de l’industrie maritime multiplie les initiatives et les projets pour atteindre cette cible…

Parmi les solutions sur la table :

  • Le gaz naturel liquéfié. La plus propre des énergies fossiles, le GNL permet de réduire d’environ 30 % les GES par rapport aux carburants traditionnels. Au Port de Montréal, une solution d’avitaillement au GNL a été implantée en 2017. À ce jour, il a été utilisé plus de 100 fois et permis d’éviter l’émission de plus de 30 000 tonnes de GES.
  • L’électricité. Avec l’hydroélectricité, le Québec bénéficie d’une source d’énergie propre et renouvelable. Pour permettre aux navires amarrés au Port de Montréal d’éteindre leurs moteurs pendant la durée de leur séjour, une vingtaine d’installations sont à la disposition des navires de croisière et des navires-hivernants. En 2020, à elles seules, ces installations ont permis d’éviter l’émission de plus de 3200 tonnes de GES.
  • L’hydrogène et le méthanol verts. L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable et suscite un engouement considérable à l’échelle mondiale. Récemment, le Port de Montréal a signé une entente de collaboration et de développement avec Greenfield Global, spécialisé dans la production de biocarburants, visant à concevoir et implanter de telles solutions énergétiques vertes et innovantes.
Et ce n’est qu’un début. La voile, l’énergie éolienne ou solaire figurent parmi les nombreuses autres options à l’étude parmi les intervenants de l’industrie maritime dans le monde. Le transport maritime prend son rôle au sérieux quant à la préservation de la planète !
 
 
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