Peu de gens le savent, mais c’est l’Administration portuaire de Montréal  qui assure la gestion de certaines îles de l’archipel des îles de Boucherville depuis 1961, date à laquelle elle a fait l’acquisition de ces îles par le biais du gouvernement fédéral. Que fait-elle sur ces îles ?

 

Neuf îles, 150 hectares

L'APM administre neuf îles de l’archipel : les grandes battures Tailhandier, l’îlot de la Baronnie, l’île à Jacques, l’Île Tourte Blanche, l’île Dufault, l’île Lafontaine, le Haut-fond à Bleury, l’île Montbrun et la Petite Île. Leur superficie totale atteint plus de 150 hectares et on y trouve plus de 200 espèces d’oiseaux, incluant le Petit Blongios, une espèce en péril.

La possibilité de développer des activités portuaires sur certaines îles a été évoquée à une certaine époque, mais jamais réalisée. D’autres projets ont été étudiés, comme un centre d’interprétation de la nature, mais finalement, en 2006, l’APM a développé un plan pour mettre en place une banque d’habitat de réserve visant principalement à restaurer l’habitat du poisson. Ce plan avait été soumis à Pêche et Océans Canada pour approbation.

 

Revaloriser l'habitat du poisson

Depuis le début de sa gestion, l’APM s’est concentrée sur la revalorisation de l’habitat du poisson. Au moment où elle en a fait l’acquisition, les îles étaient occupées par des agriculteurs, et fréquentée par des chasseurs qui y accostaient pour chasser le chevreuil. Certains y avaient même construit des petits chalets artisanaux ! Depuis, les îles ont été fermées à la chasse et à la culture du maïs.

En 2008, un programme intensif de réhabilitation des habitats pour le poisson a été lancé sur les îles Dufault, Lafontaine, Montbrun, Tourte Blanche et les grandes battures Tailhandier. En effet, au fil des ans, les chenaux aquatiques, qui assuraient la libre circulation des poissons, avaient été coupés par l’aménagement de chemins pour permettre le passage des équipements agricoles. Les îles étaient sujettes au développement de plantes envahissantes. Ce vaste projet, qui s’est étalé en 3 phases entre 2008 et 2012 sur plus de 28 hectares, a permis notamment de rouvrir les anciens chenaux, d’implanter des plantes aquatiques, de procéder à l’enlèvement de plantes envahissantes et à la création de frayères et des boisés. Ces travaux ont contribué à améliorer la reproduction du brochet, du meunier, de la barbotte, du crapet, de la perchaude et beaucoup d’autres poissons, sans compter qu’ils permettent d’accueillir de nombreux oiseaux migrateurs. Depuis la fin des travaux jusqu’en 2018, l’efficacité des aménagements et la qualité des habitats ont été vérifiées régulièrement par l’APM.

 

Une réserve de faune

En 2019, l’APM et Environnement et Changement climatique Canada (ECCC) ont convenu d’entreprendre des démarches pour convertir huit de ces îles en Réserve nationale de faune (RNF) pour leur donner un statut légal de protection de la biodiversité. Le processus de créer une RNF peut prendre quelques années. Des préconsultations auxquelles l’APM participe ont débuté en 2020 notamment avec les Premières Nations. Des inventaires fauniques et floristiques sont en cours et seront suivis par une étude du potentiel archéologique et d’éventuels inventaires. 

La superficie des îles administrées par l'APM atteint plus de 150 hectares et on y trouve plus de 200 espèces d’oiseaux.