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BALISE

Du sirop d’érable aux quatre coins du monde

Le Québec produit plus de 70 % du sirop d’érable dans le monde. Via le Port de Montréal, il est exporté vers près de 60 pays… À quels marchés est-il destiné ? Quels pays en sont les plus friands ? Découvrez comment le monde consomme ce produit emblématique du Québec.


Source : Producteurs et productrices acéricoles du Québec

En Allemagne, au Japon, en Australie, en Corée du Sud… ce n’est pas qu’au Québec qu’on profite du temps des sucres ! Et le Port de Montréal fait partie des nombreux maillons entre l’érablière québécoise et l’assiette du consommateur à l’autre bout du monde.

58 pays sur 5 continents

De la pointe de la Gaspésie au Saguenay, de Baie-Saint-Paul à la frontière ontarienne, le Québec produit en moyenne plus de 50 000 tonnes de sirop d’érable annuellement, dont plus de 73 % sont destinés à l’exportation. Chaque année, ce sont quelque 1600 conteneurs de sirop d’érable qui passent par le Port de Montréal pour être exportés vers 58 pays sur les 5 continents. Mais avant que la bouteille étiquetée « Produit du Canada, pur à 100 % » n’atteigne la tablette d’épicerie à Tokyo, il y a plusieurs mois de travail…


Source : Producteurs et productrices acéricoles du Québec

Tout commence dans les érablières du Québec, où quelque 7400 entreprises acéricoles et 11 300 producteurs récoltent l’eau d’érable au printemps. Celle-ci est bouillie jusqu’à ce qu’elle atteigne une concentration de 66 degrés brix.

« Ensuite, les acheteurs se procurent ce sirop en vrac, dans des barils » explique Daniel Dufour, directeur général du Conseil de l’industrie de l’érable, qui représente une soixantaine d’acheteurs autorisés au Québec. Le produit est ensuite préparé et filtré finement en usine, en fonction des exigences des différents clients, qu’il s’agisse d’importateurs privés ou de grandes enseignes. C’est également à ce stade que le sirop est mis en contenant, en bouteille ou en conserve. À chaque étape de transformation du produit, des contrôles de qualité, d’innocuité et de salubrité précis garantissent qu’il répond aux normes internationales élevées de type GFSI (Global Food Safety Initiative).

Puis, direction le Port de Montréal, où il est chargé sur un navire pour partir aux quatre coins du monde. Parmi les pays de destination, les États-Unis occupent la première place, suivis de l’Allemagne, du Japon, du Royaume-Uni, de l’Australie, de la France, du Danemark, de la Corée, de l’Irlande et des Pays-Bas.

L’érable à toutes les sauces

Là-bas, il se destine à de petits comme de grands clients : des grandes chaînes alimentaires, des réseaux spécialisés, des restaurants ou des épiceries fines.


Photo : Pixabay

L’objectif : faire découvrir le produit tout en se greffant aux différentes gastronomies. « C’est rare d’avoir un produit aussi polyvalent, qui peut aller avec tout type de met ou de breuvage, de viandes, de desserts, de salades… », poursuit Nathalie Langlois, directrice, Promotion, innovation et développement de marché à la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ).

Pour cela, on décline des idées de recette, des dégustations, des événements gastronomiques… « Partout dans le monde, nous nous assurons d’avoir des chefs et des ambassadeurs pour cuisiner l’érable tout en s’ajustant à la culture du pays. » On propose par exemple une salade de sashimi à l’érable au Japon, des samoussas au poulet et à l’érable en Inde, ou encore un crumble poire-érable au Royaume-Uni. Et chaque marché a ses particularités : au Japon, on le préfère plus clair, aux États-Unis, plus foncé…

Mais au-delà des différences, une chose fait l’unanimité, c’est l’atout naturel du produit. « La tendance bien-être est présente dans tous les marchés. Bien qu’il s’agisse d’un sucre qu’il faut consommer avec modération, le sirop d’érable contient des vitamines et des minéraux sur une portion de 60 ml. On l’aime donc pour son côté naturel, biologique, sans agents de conservation, en remplacer d’un sucre raffiné ».

Le plus grand défi, c’est de toujours pouvoir répondre à la demande, car, nature oblige, « nous sommes à la merci de mère Nature », rappelle Daniel Dufour. Après deux années record en 2016 et 2017, l’année 2018 et son printemps éclair ont fait baisser la production de quelque 30 millions de livres. « C’est difficile de planifier. Éventuellement, on peut rajouter des entailles pour couvrir les besoins du marché, mais ça demeure tout un exercice. C’est ce qui fait partie de la beauté du produit… pur à 100 % et nous voulons nous assurer qu’il reste ainsi ! »