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GROS PLAN

PreVu3D : repenser l’espace portuaire

Que se passe-t-il quand on met au défi une start-up de résoudre une problématique du Port de Montréal ? Une petite révolution ! Le vaste territoire portuaire de 965 hectares, où cohabitent silos, hangars, terminaux, voies ferrées et des milliers de camions et de navires, vient de basculer dans la réalité virtuelle.

Naissance du projet

Au terme d’une année d’incubateur passée au Centech, l’entreprise PreVu3D et son jeune PDG, Nicolas Morency, ont mené à terme un vaste projet de modélisation 3D de l’ensemble du territoire portuaire de Montréal. À la clé : un logiciel interactif où il est possible d’utiliser cette maquette portuaire modélisée à de multiples fins possibles.


Nicolas Morency, président en fondateur de PreVu3D

L’histoire commence il y a quatre ans. Ingénieur mécanique de formation, Nicolas Morency travaillait pour Eolpack, un bureau d’ingénieur-conseil, sur un projet d’aménagement d’usine aux États-Unis. En essayant de présenter à ses clients une maquette modélisée de l’espace, l’équipe s’est heurtée à un mur : impossible d’avoir un outil 3D accessible et pratique pour réfléchir son aménagement.

De là, le jeune homme s’attaque à la question et se bâtit une expertise : « C’est parti d’un problème, nous avons trouvé une solution ». Attiré par la réalité virtuelle et la numérisation 3D, il monte le projet de développer un logiciel où la modélisation 3D de l’espace est basée sur les données de numérisation, livrée dans un format compact facilement partageable avec des collaborateurs.

Avec son entreprise nouvellement créée en poche, Nicolas intègre le Centech, qui aide les start-ups à lancer la machine.

 

Port de Montréal : un grand contrat en termes de dimensions et de défis technologiques

C’est là qu’il entre en contact avec le Port de Montréal et signe « son plus grand contrat en termes de dimensions et de défis technologiques. » L’objectif : prendre des images de très haute qualité d’un vaste espace industriel à l’aide d’un drone, utiliser la technologie de photogrammétrie pour reconstruire un modèle 3D et intégrer les images dans un logiciel léger où les utilisateurs peuvent se déplacer comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo. « On peut explorer l’espace en différents modes : à vol d’oiseau, à la première ou la troisième personne. »

C’est ainsi qu’on peut, avec ce logiciel, planifier le réaménagement des espaces comme si on jouait à Minecraft. Ici, on déplace telle machine, on repousse les murs ou fait passer des tuyaux, dans un espace reconstitué au millimètre près.

Évidemment, les défis sont importants : la superficie considérable, l’ampleur des opérations, le nombre d’intervenants qui occupent l’espace, ainsi que le type d’équipement nécessaire pour la prise d’image, soit un drone pouvant prendre des qualités d’image de 42 Mp. « Mais ce sont des défis comme celui lancé par le Port de Montréal qui nous ont poussés à développer des techniques qui n’existaient pas ailleurs. » Pour ce faire, il s’associe à une autre entreprise émergente du Centech, ARA Robotique, spécialiste en drones.

 

 

Un outil aux multiples utilisations possibles

Les possibilités d’utilisation ne s’arrêtent pas là : avec son modèle, l’entreprise a par exemple créé un outil de formation destiné au service des incendies et de sûreté du Port de Montréal. L’employé s’y retrouve plongé dans un scénario d’urgence : un incendie, une fuite de gaz ou un accident quelconque, et des actions à poser dans un laps de temps précis afin de parvenir à maîtriser la situation… Au gré des besoins de formation, on peut varier le degré de difficulté, la direction du vent ainsi que tous les éléments en place.

De ce fait, il sera possible de visiter le port en réalité augmentée dans la prochaine exposition du Centre d’interprétation portuaire, situé au Grand Quai du Port de Montréal, et avoir un aperçu inédit sur les installations du port. Une belle façon pour tous les citoyens de découvrir l’espace portuaire comme ils ne l’ont jamais vu !

Il va sans dire que l’entreprise a le vent dans les voiles. « Nous étions deux au moment de la signature du contrat… Nous serons bientôt 16 ingénieurs à travailler à temps plein ». Les projets se multiplient et la start-up montréalaise fera bientôt ses premiers pas en dehors de l’espace privilégié du Centech. Il y a tout un monde à modéliser !

Pour en savoir plus sur PreVu3D, visitez le site web https://www.prevu3d.com/