Commercer avec le monde

Deux jeunes voisins chez ÉcoMaris


Deux jeunes de la communauté avoisinante du Port de Montréal se destinent à une carrière en mer, après un stage soutenu par le Port sur le voilier-école Roter Sand.


Sur le Roter Sand, les jeunes stagiaires s'occupent des manoeuvres, sous la
surveillance des officiers. Ils apprennent dans l'action !

 

C’est décidé : Brenda Francisco sera officier de navigation. Après avoir tout essayé ou presque – dessin animé, sauvetage océanique, ébénisterie, élagage des arbres –, la jeune femme a eu la chance de sa vie en embarquant sur le voilier-école Roter Sand pour un stage de une semaine sur le fleuve Saint-Laurent. Cette expérience a été une véritable révélation.

En tout, ils étaient sept jeunes, encadrés par trois experts de la navigation : le capitaine Lancelot Tremblay ainsi que les officiers Ariane Tessier-Moreau et Yves Plante. L’équipage a mis les voiles à Montréal le 18 août dernier, à destination de Québec. « Ce que j’ai le plus aimé, c’est tenir la barre, piloter le navire! C’est nous qui faisions les manœuvres, nous pouvions toucher à tout, à bord », s’exclame Brenda, les yeux brillants.


Brenda Francisco (à droite) écoute les explications d'Ariane Tessier-
Moreau sur les allures du voilier, ou, si vous préférez, l'angle du
navire par rapport au vent.

Le Roter Sand est le premier voilier-école à vocation environnementale du Québec. L’instigateur du projet ÉcoMaris, Simon Paquin, un psychoéducateur de 38 ans, s’est donné comme objectif d’aider les jeunes, particulièrement les décrocheurs, à découvrir un sens à leur vie, leur place dans la société, et le rôle de l’humain dans l’écosystème. « La vie de groupe à bord d’un voilier est une excellente école pour apprendre à devenir un citoyen responsable », dit-il.


Brenda Francisco: "Ce que j'ai aimé
le plus, c'est tenir la barre."

Brenda Francisco et Andy O’Hara sont les deux jeunes à avoir bénéficié des bourses de 1 350 $ octroyées par le Port de Montréal à deux membres de la communauté avoisinante du Port, pour couvrir les frais du stage sur le Roter Sand. Les deux boursiers ont été dépistés par deux partenaires du Port situés dans l’est de la ville, Marine Papin, intervenante psychosociale aux Ateliers Bons Débarras, et Sessi Hounkanrin, coach en développement professionnel et responsable du programme Mentorat au Carrefour jeunesse-emploi Hochelaga-Maisonneuve (CJEHM).

« J’ai toujours aimé tout ce qui touche à la vie des marins. C’était comme une passion secrète, un rêve d’enfant. Jamais je n’aurais osé penser que je pouvais en faire un métier », dit Andy O’Hara, un grand jeune homme de 19 ans d’ascendance irlandaise, au tempérament d’artiste. Aujourd’hui, il se voit très bien timonier à bord d’un navire marchand au long cours : « L’idée m’est venue le troisième jour sur le Roter Sand. Je me tenais sur le devant du voilier. Le soleil se couchait et on avançait sur l’eau. C’était parfait ! »


Andy O'Hara est sur le point de réaliser un rêve qu'il caresse
depuis l'enfance.

Les deux stagiaires sont intarissables. Ils ont particulièrement apprécié la méthode d’enseignement à bord du Roter Sand : « C’était bien structuré, avec de la théorie et beaucoup de pratique », explique Andy. « On te dit quoi faire et comment faire, mais sans te parler comme à un enfant. Les officiers insistent beaucoup sur la sécurité, et en même temps, il y a de la place pour la rigolade », ajoute Brenda. Ils ont tout fait : aussi bien les manœuvres que la cuisine et le nettoyage du navire.

« La dynamique de groupe était extraordinaire et l’intégration s’est bien passée, dit Ariane Tessier-Moreau. Ce que les jeunes ont trouvé le plus dur, ç’a été de quitter le bateau à la fin de la semaine.»


 

Andy O’Hara s’inscrira bientôt au Centre de formation aux mesures d’urgence de Saint-Romuald, un cours obligatoire pour devenir marin. Quant à Brenda Francisco, elle a choisi de suivre le cours de quatre ans de niveau universitaire au collège de la Garde côtière canadienne, à Sydney, en Nouvelle-Écosse. « Je vais contribuer à protéger les eaux et je serai dans l’action. Cela correspond bien à ma personnalité », dit cette fille d’immigrés portugais dont le père travaillait comme électricien dans la marine, dans son pays d’origine.

En attendant, elle doit filer à son boulot, dans une rôtisserie portugaise. Elle repart sur son longboard, glissant légèrement le long du trottoir, le vent dans les voiles !

Lire l’article sur ÉcoMaris paru dans le Carnet de bord du printemps 2013.