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Viau et Maisonneuve : les travaux avancent !

« Voilà ! C’est ici ! » Claude Beaubien, le chef ingénieur du Port de Montréal, est tout fier de nous présenter le projet Viau, sur le territoire situé à la hauteur de la rue Viau, justement. Sous nos yeux, ne se déroule pourtant qu’une vaste étendue d’asphalte gris comme ce jour d’octobre pluvieux.

Toute l’importance du projet Viau ne se révèle qu’à ceux qui savent que pour le Port de Montréal, l’espace vaut plus que de l’or. Le Port, en effet, est gestionnaire d’une étroite bande de terrain serrée entre le fleuve et la ville. Ce manque d’espace l’oblige à faire preuve d’ingéniosité pour tirer le maximum de sa situation géographique. Pour tous ses employés et les gestionnaires des infrastructures impliqués, cela représente un défi constant mais stimulant. Le projet Viau-Maisonneuve est le dernier en date pour confondre les sceptiques et réaliser l’expansion du port.

Les terrains des secteurs Viau et Maisonneuve sont en voie d’être complètement réaménagés pour donner de l’espace à l’entreposage des conteneurs. On sait que le transport par conteneur est de loin le mode de transport le plus porteur de croissance, et ce, partout dans le monde. Le gouvernement fédéral reconnaît l’importance du rôle du port dans l’économie et il a injecté quelque 15 millions de dollars dans ce projet.

Au secteur Viau, d’une superficie de 18,8 hectares, deux grands hangars ont été démolis. Les deux autres seront conservés, mais l’un d’eux sera rétréci pour laisser passer les rails de chemin de fer permettant au train de charger et de décharger le grain au silo 4, situé tout à côté.

Au terme des travaux, la capacité annuelle du site sera de 150 000 EVP. Le terrain, pour pouvoir supporter sans faiblir une concentration de conteneurs, de camions et de trains, doit être densifié.

Comment faire cela ?

« Vous avez déjà tapé sur le sable avec votre pelle, pour durcir le sol, dans un carré de sable ?


Ce hangar sera rétréci pour laisser passer les rails de chemin de fer

On fait exactement pareil », explique en souriant Claude Beaubien. Une grue laisse tomber une masse de plusieurs tonnes, qui creuse des cratères, lesquels sont ensuite remblayés avec de la terre. On compactera ainsi tout le terrain.

Ça n’est pas tout. On devra également déplacer les voies ferrées, refaire les égouts, l’aqueduc, l’éclairage et donc, tout le réseau électrique souterrain. « Pour optimiser la manutention des conteneurs, on doit éliminer le plus de poteaux et de fils possible », dit l’ingénieur.

On procède à la première phase de compaction cet automne. Le printemps prochain, on la terminera et on passera à l’aménagement proprement dit. Tout devra être en service le 31 décembre 2013.


La future salle des débardeurs et la passerelle qui mène au stationnement

Au secteur Maisonneuve, plus petit, on aménagera, en plus d’un nouvel espace pour les conteneurs, une nouvelle salle pour les débardeurs et un nouveau stationnement. Déjà, la passerelle qui relie les deux est en place. On bâtira également un nouveau garage destiné à l’entretien des équipements et des véhicules des débardeurs.

À terme, grâce à cette consolidation des édifices, c’est l’équivalent de 50 000 EVP de plus qui pourra être manipulé sur le terminal Maisonneuve exploité par Termont. Et quand cela ne suffira plus ? On aménagera les terrains que possède le Port de Montréal à Contrecœur. Mais ça, c’est une autre histoire…