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À Viau, on valorise et on réutilise les sols

Un projet phare de récupération et de réutilisation des sols positionne le Port de Montréal comme un pionnier en la matière.


Haute comme quatre conteneurs, l'usine mobile d'encapsulage des sols n'est pas passée inaperçue.

L’automne dernier, sur le chantier du secteur Viau, l’usine mobile d’encapsulage des sols n’est pas passée inaperçue. Haute comme quatre conteneurs, elle avalait les sols concassés et les mélangeait à du ciment pour les consolider. Il en ressort un matériau épais et malléable qu’on étendra au fond du terrain excavé.

Le but de l’opération est de solidifier ce terrain de près de neuf hectares destiné à recevoir des conteneurs. C’est que pour pouvoir supporter sans broncher des piles de trois à quatre conteneurs, en plus des équipements de levage et des camions, le sol doit être extrêmement stable. Or, le sol du secteur Viau est trop mou pour qu’on puisse le solidifier simplement en le compactant. Normalement, il aurait fallu extraire 44 000 tonnes métriques de ce sol de mauvaise qualité et le remplacer par un sol noble, du concassé notamment, qu’on aurait fait venir d’une carrière.

Au Port de Montréal, on s’est plutôt tourné vers l’encapsulage des sols. Cette nouvelle technique lui permet de réutiliser les 44 000 tonnes de mauvais sol extrait, de lui conférer une bonne solidité en le mélangeant à du ciment, puis de le remettre au fond du trou excavé.

Ce faisant, on aura économisé un minimum de 170 tonnes de gaz à effet de serre!


Hugo Brassard, ingénieur chargé de ce projet, au Port de Montréal.

Comment économiser 170 tonnes de GES

Si on avait opté pour la méthode traditionnelle de remplacement du sol pauvre par du sol noble, il aurait fallu éliminer les sols pauvres extraits en les envoyant dans un lieu d’enfouissement technique, ce qui aurait nécessité 1 257 voyages aller-retour de camion semi-remorque, qui auraient produit 85 tonnes de gaz à effet de serre. Le transport du sol noble au secteur Viau en aurait produit autant, pour un total de 170 tonnes de GES.

Ça n’est pas tout : il faut ajouter à cela l’énergie nécessaire à l’extraction et au concassage du sol noble, à la carrière.

Avec ce projet de récupération et de réutilisation des sols, le Port de Montréal se pose en pionnier : « Ça n’est que le deuxième projet du genre au Québec », dit fièrement Hugo Brassard, ingénieur au Port de Montréal.

Un prix pour SNC-Lavalin, partenaire du Port

En juin dernier, l’Association québécoise du transport a remis le Grand prix d’excellence en transport, catégorie Environnement, à SNC-Lavalin, partenaire du Port dans ce projet.