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BALISE


Louise Bouvier et Antoine Vogler. On trouve des vélopousses à la station
In Vivo du Parc olympique, au marché Maisonneuve et à la Place Simon-Valois.

découvrez hochelaga-maisonneuve en vélopousse!

Comme à Paris, New York, Saigon ou New Delhi, des vélopousses sillonnent les rues d’Hochelaga-Maisonneuve, faisant découvrir à leurs passagers toute la richesse et la beauté de ce quartier chargé d’histoire.

Avec notre amie Louise, native d’Hochelaga-Maisonneuve, nous sommes montées dans « La Bolduc », à la station In Vivo, au Parc olympique. Chacun des neuf vélopousses est en effet baptisé du nom d’une célébrité du quartier, comme La Bolduc (la célèbre chanteuse), Charles (Viau, propriétaire de la fameuse biscuiterie Viau et père de l’inventeur du populaire Whippet), ou Oscar (Dufresne, propriétaire du château Dufresne).


Le vélopoussien Antoine Vogler est à la fois notre chauffeur et
notre guide dans les rues du quartier.

Notre vélopoussien, Antoine Vogler, met le lourd tricycle en branle et nous voilà partis ! Notre jeune guide nous racontera la naissance de la ville Maisonneuve, si belle, prospère et… canadienne-française. Il racontera le chemin de fer, épine dorsale qui traversait le quartier au complet. «J’ai grandi ici, un peu plus à l’Est. On habitait sur Aylwin, en bas de la track, comme on disait à l’époque », explique une Louise à la fois excitée, fière et émue de retrouver les rues de son enfance.

Le train desservait les très nombreuses manufactures, qui employaient des centaines de personnes. « Hochelaga-Maisonneuve a été la capitale canadienne de la chaussure », nous apprend Antoine. « Justement, mon oncle avait une cordonnerie! », s’exclame Louise.


Le marché Maisonneuve a 100 ans cette année.

Arrêt devant l’édifice d’origine du marché Maisonneuve, centenaire cette année, et où des gens d’un certain âge commencent à s’amasser pour la soirée de danse en ligne, une activité hebdomadaire très courue. Le temps est splendide, ça promet de swinger !

Nous verrons aussi la place Valois, où les voisins viennent s’asseoir pour piquer une jasette. Nous passerons par la ruelle de la poésie, où les résidents plantent des extraits de poèmes dans leurs jardins, nous passerons aussi devant la Maison de la culture, ancienne caserne de pompier construite par le grand-père de l’astrophysicien Hubert Reeves, puis devant le Chic resto-pop. Chaque fois, Antoine nous dévoile un morceau de cette vie qui anime le quartier Hochelaga-Maisonneuve : défense des logements sociaux, cuisine collective, etc.


La ruelle de la poésie.

 

À l’époque, Hochelaga-Maisonneuve était encore plus densément peuplé, et les logements étaient remplis d’enfants. « Chaque quartier était comme un village autour de son église, avec sa fanfare, explique Louise. Parfois, la fanfare honorait un habitant du quartier en venant jouer devant sa maison. Quand c’était quelqu’un de notre rue, on était fiers ! » Nous voilà devant le théâtre Denise-Pelletier, l’ancien théâtre Granada. « On y venait au cinéma, le samedi matin : trois films pour 33 cennes ! » se souvient Louise.

Le Port dans le quartier

L’arrêt au parc Morgan est l’occasion pour notre vélopoussien de nous expliquer comment le prolongement du port de Montréal dans l’Est a attiré des entreprises, de l’action et de l’emploi. Au bout du boulevard Pie-IX, se trouvent toujours trois quais majeurs : Laurier, Tarte et Sutherland, où se dresse la raffinerie de sucre Lantic, première usine du quartier et cliente du Port de Montréal depuis plus de 125 ans.


La silhouette familière de la caserne Letourneux, rue Notre-Dame,
près de la raffinerie de sucre Lantic.

En ces lieux était aménagée, à l’époque, la plus vaste cale sèche de tout le dominion britannique : le chantier naval Canadian Vickers. Juste à côté, on peut admirer la caserne Letourneux, unique bijou d’architecture du modernisme américain à Montréal.

Et voilà, c’est déjà fini ! Mais nous reviendrons.