Commercer avec le monde

Des traverses écologiques

Qui aurait pu deviner que des bouteilles de plastique lancées dans le bac de recyclage se retrouveraient un jour sous un train, dans le port de Montréal ?


 

Depuis l’automne dernier, au terminal Cast près de la rue De Boucherville, une section du chemin de fer appartenant au Port de Montréal est différente du reste : sur une longueur de 40 pieds, les traverses sont noires et elles présentent une texture de plastique, plutôt que de bois.

La vérité, c’est qu’elles sont effectivement faites d’un matériau composite, à base de bouteilles de plastique et de pneus recyclés. On teste actuellement leur réaction au climat québécois. Et le rude hiver que nous venons de traverser est certainement un test probant !

Si les résultats sont satisfaisants, ces nouvelles traverses de composite remplaceront les vieilles traverses de bois au fur et à mesure que celles-ci devront être changées. Le chemin de fer du port fait une centaine de kilomètres et il dessert les terminaux depuis le terminal Bickerdike, près de l’autoroute Bonaventure, jusqu’au bout du terminal Cast, à l’est du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

Des avantages environnementaux inestimables

On évalue à 40 ans la longévité d’une traverse en composite, comparativement à une dizaine d’années tout au plus pour une traverse en bois. De plus, la nouvelle traverse est 100 % recyclable en fin de vie. Chaque mile (1,6 km) nécessite 3 300 traverses en composite, ce qui permet de sauver 750 arbres de bois dur, d’éliminer l’utilisation de 22 000 livres (près de 10 000 kilos) de créosote, de recycler 2 millions de bouteilles en plastique, 9 millions de sacs de plastique et 10 000 pneus usagés. Pas mal !


Dany Cattiaux, ingénieur au
Port de Montréal

Ces traverses révolutionnaires nous viennent du Texas et elles sont fabriquées par la compagnie American TieTek. Dany Cattiaux, ingénieur au Port de Montréal, a rencontré les gens de l’entreprise étatsunienne au congrès annuel de l’American Railway Engineering and Maintenance-of-Way Association (AREMA), à Indianapolis, aux États-Unis, en octobre 2013. Après des discussions, ils ont convenu de faire un banc d’essai. « Des gens de TieTek sont venus du Texas pour offrir au Port de Montréal l’assistance technique et pour faire un suivi. Ce sont des gens rigoureux », dit Dany Cattiaux.

Le respect de l’environnement fait partie des priorités du Port de Montréal. Tous les projets, de quelque nature qu’ils soient, doivent être analysés sous l’angle du développement durable et ils doivent faire la preuve que des mesures ont été prises pour minimiser leur impact sur l’environnement.