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NOUVELLES MARITIMES

Des traverses écologiques

 

Qui aurait pu prédire que des bouteilles de plastique déposées dans le bac de recyclage se retrouveraient un jour sous un train, dans le port de Montréal ?


On évalue à 40 ans la longévité d'une traverse en composite, comparativement à une
dizaine d'années tout au plus pour une traverse en bois.

Depuis l’automne dernier, au terminal Cast près de la rue De Boucherville, une section du chemin de fer appartenant au Port de Montréal est différente du reste : sur une longueur de 40 pieds, les traverses sont noires et elles présentent une texture de plastique, plutôt que de bois.

La vérité, c’est qu’elles sont effectivement faites d’un matériau composite, à base de bouteilles de plastique et de pneus recyclés. On teste actuellement leur réaction au climat québécois. Et le rude hiver que nous venons de connaître est certainement un test probant !

Probant au point où on en installera 180 autres cet été, aux sections 55 à 58 du port, entre le terminal céréalier Viterra et le terminal Racine. Si les résultats continuent d’être satisfaisants, ces nouvelles traverses de composite remplaceront les vieilles traverses de bois au fur et à mesure que celles-ci devront être changées. Le chemin de fer du port fait une centaine de kilomètres et il dessert les terminaux depuis le terminal Bickerdike, près de l’autoroute Bonaventure, jusqu’au bout du terminal Cast, à l’est du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

Des avantages environnementaux inestimables

On évalue à 40 ans la longévité d’une traverse en composite, comparativement à une dizaine d’années tout au plus pour une traverse en bois. De plus, la nouvelle traverse est 100 % recyclable en fin de vie. Chaque mille (1,6 km) nécessite 3 300 traverses en composite, ce qui permet de sauver 750 arbres de bois dur, d’éliminer l’utilisation de 22 000 livres (près de 10 000 kilos) de créosote, de recycler 2 millions de bouteilles de plastique, 9 millions de sacs de plastique et 10 000 pneus usagés. Pas mal !


Dany Cattiaux, ingénieur chargé de projet au Port de Montréal

De surcroît, ces nouvelles traverses ne coûtent pas plus cher que les anciennes traverses de bois. « En plus du prix d’achat, on devait payer 15 $ par traverse de bois pour en disposer, parce qu’elles contiennent du créosote », précise Dany Cattiaux, ingénieur au Port de Montréal.

Ces traverses révolutionnaires nous viennent du Texas et elles sont fabriquées par la compagnie American TieTek. Dany Cattiaux a rencontré les gens de l’entreprise étatsunienne au congrès annuel de l’American Railway Engineering and Maintenance-of-Way Association (AREMA), à Indianapolis, aux États-Unis, en octobre 2013. Après des discussions, ils ont convenu de faire un banc d’essai. « Des gens de TieTek sont venus du Texas pour offrir au Port de Montréal l’assistance technique et pour faire un suivi. Ce sont des gens rigoureux », dit Dany Cattiaux.

Le respect de l’environnement fait partie des priorités du Port de Montréal. Tous les projets, de quelque nature qu’ils soient, doivent être analysés sous l’angle du développement durable et ils doivent faire la preuve que des mesures ont été prises pour minimiser leur impact sur l’environnement.