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LA QUESTION


 

qu'est-ce que l'eau de ballast ?


 

L’eau de ballast est de l’eau avec laquelle on remplit des réservoirs situés au fond de la cale du navire pour en assurer la stabilité sur l’eau.


Un navire en train de se délester de ses eaux de ballast.

Un navire marchand est construit pour transporter de grands volumes de marchandises, ce qui l’alourdit considérablement. Lorsqu’une partie ou la totalité de sa cargaison a été déchargée, le navire devient trop léger, ce qui rend la navigation dangereuse. En effet, pour que l’hélice et le gouvernail fonctionnent correctement et que la proue n’émerge pas de l’eau, en particulier dans des conditions de tempête, de grosse mer, le navire doit être suffisamment enfoncé dans l’eau.

L’eau de ballast est pompée directement de la mer. L’ampleur des volumes qui doivent être pompés dans les ballasts dépend principalement des conditions météorologiques, de la charge du navire et de son itinéraire. Puis, à mesure qu’il est chargé de marchandises, le navire doit se départir d’une partie ou de la totalité de son eau de ballast pour maintenir son poids idéal. L’eau est alors rejetée à la mer.


 

Précautions

Attention à l’eau de ballast ! Elle peut contenir des bactéries et autres microorganismes, des microalgues et des plantes aquatiques, ainsi que des espèces animales exotiques provenant de la région où l’eau a été pompée.

Lorsqu’elles sont rejetées en même temps que l’eau de ballast, certaines de ces espèces s’acclimatent à leur nouvel environnement. Parfois, n’ayant pas de prédateur naturel, elles peuvent proliférer rapidement, devenir envahissantes et nuire aux poissons indigènes.

Ainsi, le rejet d’eau de ballast est considéré comme à l’origine de l’introduction d’un parasite des huîtres à l’Île du Cap-Breton. Ce parasite, appelé MSX, s’est ensuite propagé à l’Île du Prince-Édouard, où l’ostréiculture est plus fermement établie. Pour l’industrie ostréicole, l’impact économique résultant des dommages et de la perte potentielle de revenu pourrait s’accroître considérablement au cours des années à venir pour atteindre les millions de dollars.

On peut traiter l’eau de ballast afin de neutraliser toute forme d’organisme. Mais la meilleure solution à ce jour, selon Transport Canada, c’est de rejeter l’eau de ballast en pleine mer, à plus de 200 miles nautiques de la rive et à des endroits où l’océan atteint des profondeurs d’au moins 2 000 mètres.

En 2004, l’Organisation maritime internationale (OMI) a adopté la Convention internationale sur le contrôle et la gestion des eaux de ballast des navires. Une fois en vigueur, la Convention exigera que tous les navires tiennent un registre de leurs eaux de ballast et mettent en œuvre des mesures de gestion des eaux de ballast conformes à une norme établie.

Transports Canada (TC) est actif au sein de l’OMI et travaille à la préparation de lignes directrices pour la mise en œuvre de la Convention.

Le Canada : meilleur système en Amérique du Nord

Le Canada n’a pas attendu ce règlement pour agir, de sorte qu’il a aujourd’hui le meilleur système de gestion des eaux de ballast en Amérique du Nord. Les navires qui arrivent par l’océan dans les eaux canadiennes doivent :

  • renouveler leurs eaux de ballast au large et, si les navires se dirigent vers les Grands Lacs, rincer les eaux résiduelles, ou
  • traiter les eaux de ballast, ou
  • retenir les eaux de ballast à bord, ou
  • se défaire des eaux de ballast dans une installation de réception portuaire.

Tous les navires ont l’obligation d’envoyer un formulaire de rapport sur l’eau de ballast. Des inspecteurs de Transport Canada montent à bord pour vérifier les documents du navire et pour s’assurer que l’équipage est au courant des procédures de gestion des eaux de ballast. La totalité (100 %) des rapports sur les eaux de ballast est vérifiée, 365 jours par année.

Aucune espèce envahissante n’a été identifiée depuis l’application de la mesure de rinçage imposée aux navires océaniques en 2006.