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Bienvenue aux post-Panamax !

Depuis le 6 mai dernier, les navires post-Panamax qui ont jusqu’à 44 mètres de large peuvent entrer dans les eaux du port de Montréal. Cela pourrait bien se traduire par une augmentation du volume de marchandise manutentionnée au port.


Le Colombo Express, armé par Hapag-Lloyd, compte parmi les plus grands post-Panamax
 

Un post-Panamax, c’est un navire plus large qu’un Panamax. D’accord, mais qu’est-ce qu’un Panamax ? C’est un navire dont la largeur épouse parfaitement celle du canal de Panama, soit 32 mètres, de manière à maximiser le volume de marchandise transportée. Les architectes navals travaillent maintenant avec les gabarits déterminés par le nouveau canal de Panama élargi, qui devrait être en service en 2014, et dont la largeur atteint 49 mètres. Un post-Panamax est donc un navire dont la largeur excède 32 mètres.

Au Québec, le chenal du fleuve Saint-Laurent entre Québec et Montréal a été pensé pour permettre à deux Panamax de se croiser. Lorsque des navires plus larges sont apparus, ils ne pouvaient remonter le fleuve jusqu’au port de Montréal qu’en suivant des procédures spéciales. De plus, ils étaient limités à 40 mètres. Depuis le 6 mai, le chenal peut accueillir les navires d’une largeur de 44 mètres.

Comment est-ce possible ? Non, on n’a pas élargi le chenal. Pour comprendre comment le Port de Montréal a su s’adapter à la réalité changeante du secteur du transport maritime, il faut regarder du côté des instruments de navigation, qui permettent de mesurer avec beaucoup plus de précision les conditions de navigation. « Dans les faits, on a rendu la navigation plus précise », résume Jean-Luc Bédard, vice-président aux opérations et capitaine du Port de Montréal.

Résultat : le port de Montréal peut dorénavant accueillir avec certaines restrictions les navires d’une largeur allant jusqu’à 44 mètres. Il y a restriction à des endroits bien précis du chenal où les croisements ou les dépassements de navires sont particulièrement serrés. Il peut aussi y avoir restriction à certains endroits quand un fort vent de côté souffle. Dans ces circonstances, le navire post-Panamax ne peut pas en croiser un autre, il doit ralentir sa course et céder le passage.


Jean-Luc Bédard, vice-président
aux opérations et capitaine
du Port de Montréal

 

« On a fait des simulations et des consultations publiques, et les pilotes ont été formés aux nouvelles procédures en vigueur depuis le 6 mai », dit Jean-Luc Bédard. Ç’a été tout un travail, mais ça rapportera au Port de Montréal.

Un navire plus large peut transporter davantage de marchandises sans augmenter son tirant d’eau, c’est-à-dire la hauteur de sa partie immergée. Parce qu’il est plus large, sa surface de contact avec l’eau est plus grande : à charge égale, il s’enfonce moins qu’un navire plus étroit.

Par ailleurs, la logique économique veut que plus un navire transporte de marchandises en un seul voyage, meilleurs seront les prix qu’il pourra offrir à ses clients exportateurs ou importateurs. Du coup, le transport maritime devient encore plus alléchant.

En prévision de l’arrivée des post-Panamax, un terminal à conteneurs s’est déjà équipé de grues plus grandes, qui pourront les décharger. Le port de Montréal est fin prêt à recevoir les grands navires. « Quand l’économie mondiale reprendra, le port de Montréal sera prêt à accueillir un plus grand volume de marchandises », conclut Jean-Luc Bédard.