Commercer avec le monde

DOSSIER : LIBRE-ÉCHANGE CANADA-UE


 

Intensification du trafic de conteneurs : le port de Montréal est fin prêt !

 

Le Port de Montréal planifie l’augmentation de sa capacité de conteneurs, en prévision de l’augmentation de trafic qu’entrainera l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne . Trois mots-clés : Viau, Maisonneuve et Contrecoeur.


Le nouvel accord économique et commercial conclu entre le Canada et l’Union européenne entraînera, dans les prochaines années, d’importantes répercussions sur la capacité de manutention des conteneurs du Port de Montréal.

À l’Administration portuaire de Montréal (APM), on est bien conscient du fait qu’on aura besoin d’un nombre important d’installations pour absorber cette intensification prévisible des activités, de même que le plus grand nombre de conteneurs générés par les services de transbordement via les canaux de Suez et de Panama.

Pour se préparer à cette intensification du trafic, l’APM a investi dans ses infrastructures 55 millions de dollars, en 2013. Cette somme sans précédent dépasse le montant record antérieur de 41 millions de dollars, dépensé quatre années auparavant. La capacité de manutention des conteneurs du port, qui a traité l’an dernier 1,4 million d’EVP (équivalents vingt pieds), a augmenté de 13 % pour atteindre 1,7 million d’EVP (contre 1,5 million précédemment), grâce au réaménagement de terrains dans les secteurs Viau et Maisonneuve.


Le secteur Viau, qui couvre une superficie de 16,5 hectares, possède une capacité annuelle de
stockage de conteneurs de 150 000 EVP.

 

Viau et Maisonneuve

Le secteur Viau, qui couvre une superficie de 16,5 hectares, possède une capacité annuelle de stockage de conteneurs de 150 000 EVP. Dans le cadre du projet de réaménagement, des lignes ferroviaires ont été déplacées. Les réseaux d’égout et d’alimentation en eau ainsi que le réseau électrique souterrain ont été restructurés afin d’optimiser les activités du site.

Par ailleurs, dans le secteur Maisonneuve, on a aménagé un espace permettant la manutention de 50 000 EVP supplémentaires. Le site comprend également une nouvelle salle pour les débardeurs et une nouvelle aire de stationnement. Également, on bâtira un nouveau garage destiné à l’entretien des équipements et des véhicules des débardeurs.

Transport Canada a versé la somme de 15,1 millions de dollars pour la réalisation des projets des secteurs Viau et Maisonneuve.

Contrecoeur


En 2010, l'APM a élaboré un plan d'action de dix ans pour guider le développement
de Contrecoeur.

Tout impressionnants que soient ces projets, pour le Port de Montréal, ils ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. La principale expansion des terminaux à conteneurs s’effectuera sur les terrains que possède le port sur les rives du fleuve à la hauteur de Contrecœur, à 40 kilomètres environ en aval des installations portuaires situées sur l’île de Montréal.

« Dans le contexte du nouvel Accord économique et commercial global conclu entre le Canada et l’Union européenne, et devant les possibilités offertes par les services de transbordement, notre projet d’agrandir le port en occupant les terrains de Contrecœur acquiert une portée plus large, déclare Sylvie Vachon, présidente-directrice générale de l’APM. »

L’APM a compris dès le milieu des années 70 que ses terrains situés sur l’île de Montréal, enclavés entre la ville et le fleuve Saint-Laurent, en viendraient un jour à être occupés à pleine capacité. Avec beaucoup de vision et de prévoyance, l’administration portuaire a mené dès les années 80 des études poussées sur différents sites, afin de trouver des options pour accommoder la future expansion des terminaux de conteneurs. Un choix s’est imposé : l’acquisition de terrains à Contrecœur, où un terminal de vrac, ainsi que des infrastructures ferroviaires et routières étaient déjà en place depuis le milieu des années 1950.

Un projet de cette ampleur doit s’appuyer sur une planification rigoureuse et des consultations approfondies. En 2010, l’APM a élaboré un plan d’action de dix ans pour guider le développement de Contrecœur.

Un plan maître en vue de l’expansion est déjà en place. Le port a entrepris des études environnementales sur la faune marine et benthique (au fond des mers) de l’endroit. Des études ont été réalisées sur la façon de conduire les opérations de dragage et sur la réutilisation des résidus de dragage.

Pour l’heure, l’APM en est à préparer une description de projet, comme l’exige la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE). Pour ce faire, elle franchit les étapes nécessaires à l’obtention des permis requis par la Loi sur les pêches et la Loi sur les espèces en péril; elle prépare une demande de modification de ses lettres patentes pour l’occupation des lots de grève en eau profonde; et elle élabore un plan de communication et un processus de consultation à l’intention des parties concernées.

« Pour réaliser le projet, il est essentiel de parcourir avec succès chacune de ces étapes, précise Sylvie Vachon. Dans le contexte d’une reprise économique et d’une économie vigoureuse, et une fois tous ces jalons franchis, nous espérons entreprendre les travaux de construction dès 2018-2019, et voir un terminal de conteneurs entrer en exploitation à Contrecœur aux environs de 2021. »