Commercer avec le monde

POINT DE VUE

lisa raitt et jean d'amour

Cet automne, PortInfo donne la parole aux ministres des deux paliers de gouvernement, provincial et fédéral,
madame Lisa Raitt, ministre fédérale des Transports, ainsi que
monsieur Jean D'Amour, ministre délégué aux Transports et à l'Implantation de la Stratégie maritime.


Madame Lisa Raitt, ministre fédérale des Transports

Lisa Raitt

Au cours des dernières semaines, nous avons eu la chance de nous entretenir avec la ministre fédérale des Transports, madame Lisa Raitt. Elle en a profité pour nous parler de l’examen législatif de la Loi sur les Transports.

Vous procéderez bientôt à un examen législatif de la Loi sur les Transports au Canada. Quels sont les principaux objectifs de cet examen ?

Le 25 juin 2014 a été entrepris un examen indépendant de la Loi sur les Transports au Canada (LTC). L’examen de la LTC est l’occasion d’étudier nos cadres législatifs et politiques, de s’assurer qu’ils sont bien à jour et qu’ils renferment des mesures qui sont au diapason de notre époque. Cet examen nous donnera aussi l’occasion de nous assurer que le réseau national possède la capacité et la souplesse nécessaires pour répondre aux exigences qui se poseront à nous à moyen et à long terme. L’exercice sera en plus une occasion unique d’envisager des façons de tirer le meilleur parti qui soit du réseau de transport du pays afin d’améliorer la compétitivité du Canada et de soutenir sa croissance économique.

Pour ce qui est des ports, l’examen de la LTC sera l’occasion d’étudier les modèles en vigueur de gouvernance et de prestation de services aux différentes administrations portuaires du pays, et de découvrir des façons de les améliorer. Les ports, de concert avec leurs intervenants et les experts chargés d’étudier la LTC, élaboreront des modes de collaboration qui nous permettront de saisir ces questions et d’aider le Canada à former ses plans futurs en matière de transport.

Pour cet exercice rigoureux, vous avez réuni un groupe d’experts chevronnés. Quels sont leurs fonctions et leur échéancier, et comment les acteurs de l’industrie maritime peuvent-ils participer à cet exercice de consultation poussée ?

Agissant sous l’autorité conférée par la Loi au ministre des Transports, j’ai choisi, pour diriger l’exercice, monsieur David Emerson. Je l’ai fait sur la foi de sa vaste expérience en tant que gestionnaire dans le secteur privé et de son expérience récente à titre de président de l’Examen de l’aérospatiale.

J’ai aussi désigné cinq conseillers qui apporteront la large expertise nécessaire pour assister le président dans la réalisation de cet examen poussé.

L’exercice recevra l’appui d’un secrétariat spécial partageant des ressources avec Transports Canada et d’autres ministères fédéraux. Pour que l’examen soit couronné de succès, il faut absolument que toutes les parties intéressées s’y engagent à fond et diffusent leurs lumières.

L’examen suivra des principes bien définis, proposés par le ministre des Transports. Vous pouvez prendre connaissance de ces principes sur notre site Web.

Le 22 septembre 2014, le président de l’examen de la LTC a transmis une invitation aux personnes intéressées à prendre connaissance des documents de travail sur le site Web de l’examen de la LTC, à l’adresse www.tc.gc.ca/fra/examenltc2014/document-travail.html#conclusion. Les personnes qui le désirent peuvent soumettre leur mémoire au Secrétariat d’examen de la LTC jusqu’au 30 décembre 2014.

Les parties intéressées peuvent communiquer avec le Secrétariat à l’adresse suivante :

350, rue Albert, bureau 330
Ottawa (Ontario) K1A 0N5
613-998-8405
secretariat@reviewcta-examenltc.gc.ca

Comment le Port de Montréal et ses partenaires dans la chaîne logistique peuvent-ils participer davantage au développement économique de leur région et du Canada ?

Le réseau constitué par le chenal et la Voie maritime du Saint-Laurent est un élément clé de la stratégie de la Porte continentale Ontario-Québec du gouvernement fédéral. Cette stratégie préconise un réseau de transport intégré qui relie tous les modes de transport présents dans la région Ontario-Québec, pour créer un système efficace, au service de notre programme de commerce international.

On ne saurait trop souligner l’importance du chenal et de la Voie maritime du Saint-Laurent, pour les marchés nord-américains. En effet, dans un délai d’une journée de route ou de rail, les marchandises peuvent rejoindre un bassin d’environ 135 millions de consommateurs nord-américains. Plus de la moitié des exportations du Canada et près des trois quarts de ses importations transitent par la région concernée.

Pour que le pays soit en mesure de maintenir son avantage concurrentiel, le chenal et la Voie maritime, de même que le corridor Ontario-Québec, doivent accompagner l’évolution des besoins des expéditeurs et des commerçants au 21e siècle. Pour être à même de satisfaire ces besoins croissants, notre gouvernement s’engage à investir plus de quatre milliards de dollars dans le transport afin de venir en aide aux projets canadiens dans le domaine du commerce international.

Nous avons réalisé des investissements au Québec afin d’améliorer ou de moderniser les ports de Sept-Îles, Saguenay, Montréal, Trois-Rivières et Québec. Compte tenu de la croissance du secteur du transport maritime dans cette province, soutenir le développement de ces ports et des réseaux de transport qui les relient entre eux constitue un investissement judicieux.

L’activité portuaire contribue activement à notre croissance et à notre prospérité économiques, que ce soit au niveau local, par la création d’emplois grâce aux améliorations des infrastructures qui multiplient les possibilités de commerce et d’affaires au port, ou encore au niveau national, les ports dynamiques et efficaces attirant les entreprises et facilitant l’exportation de marchandises canadiennes. La force de la collaboration, de l’engagement et des partenariats public-privé est très importante dans la poursuite d’un objectif commun.

Notre gouvernement est très fier de sa politique commerciale dynamique, dont le Port de Montréal et ses partenaires logistiques pourront profiter directement. Une fois entré en vigueur, l’Accord économique et commercial global conclu entre le Canada et l’Union européenne (AECG) sera, et de loin, la plus ambitieuse initiative commerciale prise par le pays, initiative d’une portée plus étendue et d’une ambition plus profonde que l’historique Accord de libre-échange nord-américain. L’accord ouvrira à nos exportateurs de nouveaux marchés dans toute l’Union européenne et il engendrera des retombées économiques considérables pour tous les Canadiens. L’accord pourrait intensifier énormément les échanges transatlantiques, ce qui profiterait aux ports du Canada situés dans l’est du pays.

Comment entrevoyez-vous l’avenir des transports maritimes canadiens au cours des prochaines années, et comment percevez-vous leur évolution sur l’échiquier mondial ?

Le gouvernement doit réagir à l’évolution mondiale et faire en sorte que ses réseaux de transports demeurent à la hauteur des exigences mondiales. Nous devons prévoir l’évolution des marchés en ce qui concerne les entreprises et les marchandises canadiennes, et nous devons nous assurer que ces marchés restent ouverts aux Canadiens. Pour cela, notre gouvernement a conclu en moins de sept ans des accords de libre-échange avec dix pays, et il est en négociation avec trente autres États. Outre l’accord Canada-Union européenne, nous avons également conclu une entente commerciale avec la Corée, la première du genre dans la région Asie-Pacifique.

Pour poursuivre notre ambitieuse politique commerciale, nous accordons un soutien à ces accords avec des initiatives dans le domaine des transports ici même au Canada, par exemple grâce à l’Initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie-Pacifique, aux Investissements stratégiques dans les infrastructures, et à la Porte et au Corridor de commerce de l’Atlantique.

Ces initiatives illustrent notre détermination à poursuivre cette politique commerciale en consolidant les transports maritimes et les réseaux qui l’alimentent. Nous investissons dans des structures durables aussi simples que des ponts d’étagement au niveau des ports afin de faciliter la circulation des biens et des personnes par tous les moyens possibles.

Au cœur de ces plans, on trouve le désir de mettre en place les conditions favorables à un réseau de transport efficace, concurrentiel et durable pour déplacer les Canadiens et leurs produits. Nous continuerons d’appuyer le rôle essentiel joué par les ports dans ce réseau.

Madame la ministre, merci beaucoup !

 


Monsieur Jean D'Amour, ministre délégué aux Transports et à
l'Implantation de la Stratégie maritime

Jean D'Amour

Avant les élections, l’actuel député de Rivière-du-Loup, Jean D’Amour, a dirigé l’équipe qui a rédigé la Stratégie maritime, à la demande du Premier Ministre, Monsieur Philippe Couillard. Le ministre D’Amour a bien voulu rencontrer PortInfo pour discuter de la Stratégie maritime du gouvernement du Québec.

M. D’Amour, d’abord merci de nous accorder cette entrevue. L’Administration portuaire de Montréal et le lectorat de ce magazine électronique, PortInfo, sont bien confiants que la Stratégie maritime de votre gouvernement est l’une des cartes maitresses qui contribuera au développement économique du Québec. Pourriez-vous partager avec nous la vision qui guide cette stratégie?

Je suis ravi de vous parler et de m’adresser à vos lecteurs issus de l’industrie maritime. La vision de la Stratégie maritime du gouvernement du Québec  est d’abord et avant tout une vision économique.

La Stratégie maritime, avec le Plan Nord, constituent les deux grands enjeux de développement économique ainsi que de consolidation et de création d’emploi. Notre démarche en est une de concertation : ultimement la Stratégie maritime sera le résultat d’une vaste consultation. J’ai fait le tour de tous les acteurs de l’industrie du transport maritime au cours des derniers mois. Tous ont été conviés à se faire entendre. Tous sont interpelés : les ports, mais aussi les institutions et les organisations de cette industrie, de même que des intervenants économiques comme les CLD.

La stratégie maritime est soutenue par une vision qui s’étend sur 15 ans, c’est à dire jusqu’en 2030. 

Quelles sont les grandes étapes de la mise en application de la stratégie maritime ?

La nouvelle entente de libre-échange avec l’Europe est une occasion en or qui ouvre un monde de possibilités. Il faut que nous soyons prêts.

La période de consultation s’est terminée le 15 septembre dernier. Nous avons fait un travail de simplification et nous avons regroupé les 11 grands axes de la stratégie pour les réduire à cinq. Nous faisons actuellement un travail préparatoire, en vue du prochain budget.

Nos lecteurs sont nombreux et diversifiés: importateurs, exportateurs, armateurs à l’international. Quel message voudriez-vous leur livrer, concernant l’importance et la vitalité du secteur maritime au Québec?

Je viens d’une région, le Bas-du-Fleuve,  j’ai été maire de Rivière-du-Loup, et je peux vous dire que le fleuve est important pour toutes les régions du Québec, grandes et petites.  Le fleuve Saint-Laurent, c’est une formidable autoroute bleue qui nous relie au monde, nous ouvre et nous connecte à l’international, et nous entendons bien y investir comme dans n’importe quelle infrastructure de transport. Nous avons toujours été assez timides en la matière. Aujourd’hui, c’est le temps d’aller le plus loin possible, visière levée. Place à l’action pour maximiser l’importance et la vitalité du secteur maritime. Comme je vous l’ai mentionné plus tôt, la stratégie maritime que nous voulons déployer s’étendra sur un horizon de 15 ans, c’est à dire jusqu’en 2030. C’est dire l’engagement à « long-terme » que nous prenons en faveur du secteur maritime au Québec. 

Vous avez récemment visité le Port de Montréal. Quel rôle entrevoyez-vous pour le Port de Montréal, dans l’élaboration de la Stratégie maritime ?

C’est vrai que j’ai récemment visité le Port de Montréal et j’ai discuté longuement avec sa pdg, Mme Sylvie Vachon, une personne très dynamique. Elle m’a expliqué le développement que le Port entend faire  sur ses terrains à Contrecœur. De par son importance, le Port de Montréal est bien évidemment au cœur de la Stratégie, de par son positionnement stratégique, sa localisation, ses infrastructures et son grand dynamisme. C’est une plaque tournante, un joueur majeur. Il aura un grand rôle à jouer dans la Stratégie maritime.

Monsieur le ministre, merci beaucoup !