Commercer avec le monde

Ville et port : une histoire commune


Cet été, le Port de Montréal fait parler de lui dans plusieurs endroits touristiques ou de plein air. Voici quelques bonnes adresses qui offriront l’occasion d’en apprendre un peu plus sur le port, son histoire et la relation intime entre la ville de Montréal et le fleuve Saint-Laurent depuis les tout premiers débuts. 
 

Musée Marguerite-Bourgeoys


La Vierge des marins
(Étoile de la Mer)
Charles Dauphin, c. 1848

© Coll. des Prêtres de Saint-Sulpice
Musée Marguerite-Bourgeoys

 

Au Musée Marguerite-Bourgeoys, nous touchons aux origines du peuplement du territoire de Montréal. C’est ici que nous comprenons le mieux la relation intime que le fleuve a toujours eue avec les cultures qui se sont succédé sur ses rives. Le musée est installé au sein de la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, surnommée la chapelle des marins.

Cette dernière a été construite en 1675 par Marguerite Bourgeoys, sur un talus en bordure du fleuve. L’endroit devait à l’époque être idéal puisque, bien avant la venue des Français, il a été occupé par les Amérindiens. Dans la crypte de la chapelle, sur un site de fouilles archéologiques, on peut contempler des artéfacts de campements amérindiens vieux de plus de 2 400 ans.

La crypte abrite également une magnifique statue de bois de la Vierge surnommée « l’Étoile de la mer », ou Stella Maris, un autre nom donné à Notre-Dame-de-Bon-Secours. Cette statue trônait autrefois sur le toit de la chapelle, surplombant le fleuve, accueillant les marins et les protégeant de ses bras ouverts.

Lieu de pèlerinage, la chapelle était fréquentée par la population montréalaise, par les marins et les employés du port ainsi que par la communauté anglophone catholique. Enfin, la chapelle est le berceau de la communauté catholique irlandaise de Montréal.


Navire ex-voto L'Idaho
Robert Hendery, 1870-1872

©Collection des Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal
Musée Marguerite-Bourgeoys

 
 

Dans la chapelle, des reproductions de navires sont suspendues à la voûte et flottent juste au-dessus des têtes des visiteurs. Le plus vieux est un ex-voto offert à la chapelle par des zouaves pontificaux canadiens pour remercier l’Étoile de la mer de les avoir sauvés d’une terrible tempête alors qu’ils revenaient d’Europe. Le navire en argent rappelle l’Idaho, le bateau à vapeur sur lequel ils prenaient place.

Le plus récent navire exposé a été offert en 2005 par le Port de Montréal pour souligner le 350e anniversaire de l’arrivée de Marguerite Bourgeoys. Le petit porte-conteneur a pour mission de faire le lien entre le passé et le temps présent.

Du campanile de la chapelle, la vue sur le Saint-Laurent est admirable. C’est la vue même qui s’offrait à nos aïeux amérindiens et français, à l’époque où la verte forêt dominait et où le port n’était que grève.

400, rue Saint-Paul Est, Vieux-Montréal
www.marguerite-bourgeoys.com
 

Pointe-à-Callière


 

Un bijou se cache au sous-sol de Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal : il s’agit d’une grande fresque portuaire, créée à partir de documents anciens. « Quand on observe cette fresque, il devient évident que le fleuve et le port ont été la première raison d’être de Montréal », dit Louise Pothier, archéologue au musée. En suivant l’évolution du port de Montréal depuis sa naissance, on se remémore qu’en 1925, il était le premier port céréalier au monde et le premier port océanique intérieur au monde.

Le musée lui-même, situé à l’intersection des rues de la Commune et de la place D’Youville, représente le cœur du port, à l’origine. Juste à côté se trouvent les anciennes douanes de Montréal, pavillon qui accueillera sous peu une exposition permanente, Pirates ou corsaires ? Le Musée s’est agrandi, récemment, en annexant un édifice voisin qui a abrité, à partir de 1875, le Montreal Sailors Institute, la première maison des marins.

350, place Royale, Vieux-Montréal
www.pacmusee.qc.ca


Vieux-Port : Visite guidée "Des céréales et des hommes"


 

De berge boueuse à grand port céréalier, le port de Montréal a connu un développement phénoménal de 1850 à 1930. Plusieurs aménagements de cette époque sont encore observables. Tout l’été, il est possible de partir à la découverte de l’histoire du Vieux-Port de Montréal en participant à la visite guidée historique Des céréales et des hommes. Pendant cette visite de 90 minutes, les participants apprendront à reconnaître les principaux vestiges historiques du Vieux-Port, et ils se feront raconter quantité d’anecdotes passionnantes sur son développement au cours des 200 dernières années.

Parmi les thématiques abordées : les aménagements du port (quais, hangars, silos, jetée de protection, etc.), l’accueil des marins et des passagers, les types de navigation sur le fleuve et bien sûr, Montréal comme grand port céréalier.

Billeterie du Centre des sciences
www.vieuxportdemontreal.com
 

Centre des sciences


 

Depuis quelques années déjà, le Centre des sciences présente Cargo, en collaboration avec le Port de Montréal. Au moyen de photos, de panneaux d’interprétation et de vidéo, cette exposition nous plonge dans l’univers du port et de ses nombreuses activités : accostage, amarrage, inspection, chargement et déchargement des navires. On y apprend comment faire des nœuds marins, et on se laisse impressionner par une balance de l’ancien entrepôt frigorifique et par une roue géante provenant d’une grue de déchargement. Une grande carte des installations du port vole la vedette auprès des visiteurs. Cette exposition nous rappelle qu’à l’origine, le Centre des sciences lui-même était un hangar maritime.

Jetée King-Edward, dans le Vieux-Port
www.centredessciencesdemontreal.com


Musée McCord

Une exposition intitulée Montréal – Points de vue, et faisant partie de la collection permanente du Musée McCord, accorde une belle place au développement des réseaux de transport à Montréal. Évidemment, on nous amène au port de Montréal. Une grande murale, créée à partir de photos de Notman & Son, nous plonge littéralement dans l’atmosphère qui régnait au port en 1896.


 

Le célèbre musée de la rue Sherbrooke, consacré à l’histoire de Montréal, du Québec et du Canada, a bien plus à offrir aux curieux. Riche de centaines de milliers de photos, d’archives textuelles, de costumes, de peintures et autres œuvres visuelles, de vaisselle, de jouets et d’artéfacts de grande valeur, il ouvre ses portes aux chercheurs désireux de pousser leurs connaissances ou de créer des œuvres mettant en scène notre passé. S’il faut obtenir une autorisation pour les recherches sur place, le site Internet du musée offre au grand public une tournée d’une grande partie de sa gigantesque collection. Par exemple, on peut y voir toutes les photos que le musée a numérisées, soit 80 800 sur 1,3 million. Pas mal.

690, rue Sherbrooke Ouest, Montréal
www.mccord-museum.qc.ca


Musée Stewart


 

Déjà, l’endroit est magnifique. Sis sur l’île Sainte-Hélène, au pied du pont Jacques-Cartier, le musée Stewart marie parfaitement visite culturelle et repas sur l’herbe, et les pique-niqueurs sont bienvenus. Cet été, le musée présente 20 000 lieux sur la Terre – Six siècles de cartographie à explorer. On peut y admirer plus d’une centaine de cartes terrestres, marines et célestes.

Attention ! Il y a danger de demeurer des heures entières les yeux rivés sur les cartes. Outre leur intérêt strictement géographique, certaines cartes sont débordantes d’imagination. Par exemple, on retrouve des cartes où les océans sont habités par des poissons qui relèvent plus du monstre marin. De plus, les cartes sont agrémentées de mille détails fascinants. C’est qu’il fut un temps où la cartographie était un art, où l’esthétisme et les connaissances encyclopédiques comptaient tout autant que la précision géographique des lieux. Par exemple, les explorateurs dessinaient, autour de la carte, les costumes des habitants du pays étranger. Ainsi, une carte datant de 1788 est ornée de dessins accompagnés d’explications bilingues en français et en espagnol.

Toute une salle est consacrée aux cartes représentant le port de Montréal et la ville, à diverses époques de leur histoire. Elles sont tirées des archives du Port de Montréal, un partenaire de l’exposition. Sur l’une des plus impressionnantes, on y constate qu’en 1825, année de l’ouverture du canal Lachine aux navires, la rue Sherbrooke était une route de campagne !

20, chemin du Tour-de-l’Isle, île Sainte-Hélène, Montréal
www.stewart-museum.org

 

Belvédère du Chemin-Qui-Marche


 

Le Chemin-Qui-Marche. Quel surnom poétique pour décrire le fleuve Saint-Laurent ! On croit que cette appellation nous vient des Amérindiens qui habitaient ses rives. Depuis septembre 2012, il désigne également un charmant belvédère aménagé face au fleuve, à l’est de la rue Berri. De là, on a une vue originale sur le fleuve et sur le port. De plus, sur la terrasse en bois, des bancs au design inspiré du langage ferroviaire et portuaire des lieux portent des notes historiques sur Montréal. On en apprend, par exemple, sur les premières marchandises transportées sur le fleuve : des fourrures; sur les aménagements du port : jetées, quais et terminaux; sur les efforts pour maintenir le fleuve ouvert à la navigation en hiver.

À l’est de la rue Berri, au sud de la rue de la Commune
wikipedia.org

 

Piste cyclable Pierre-Dupuy

La piste cyclable qui sillonne les îles du parc Jean-Drapeau traverse le pont de la Concorde pour se rendre à la Cité du Havre. Puis, elle suit la rue Pierre-Dupuy, sur toute sa longueur, offrant une vue superbe sur la ville et les installations portuaires qui furent à l’origine du port de Montréal : les quais Jacques-Cartier, King-Edward et Alexandra, la jetée Bickerdike et le bassin de la Pointe-du-Moulin. C’est l’un des meilleurs endroits pour admirer les grands navires de croisière. La proximité de la piste cyclable avec le bassin Bickerdike permet d’observer de très près les navires qui y sont amarrés.

 

 

Parc de la Promenade Bellerive


 

On atteint cet écrin de verdure par la rue Notre-Dame. De ce parc situé dans l’ancien Tétreaultville, juste à l’est du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, on a une vue imprenable sur le terminal à conteneurs Cast et on est assez près pour observer les opérations de chargement et de déchargement. L’endroit est également fréquenté par les passionnés des navires de croisière, au point où le bureau d’information du parc offre aux visiteurs des copies du calendrier des croisières, que l’on retrouve aussi sur le site Internet du Port de Montréal.

Les sentiers du parc se déroulent le long des berges du fleuve, sur des terres cédées par le Port de Montréal. Des panneaux d’interprétation ainsi qu’un livret fort bien fait nous renseignent sur l’histoire du quartier Mercier-Est, voisin immédiat du Port de Montréal. On y apprend, par exemple, que c’est dans le secteur de Longue-Pointe que s’est installé, au début du 20e siècle, le chantier naval Canadian Vickers. Mais la relation entre le fleuve et la population s’est établie bien avant : en 1878, la Commission du Havre y construisait le premier quai. Encore plus tôt, en 1783, François Vinet dit Souligny mettait en opération une traverse entre Longue-Pointe et Boucherville. On peut encore gagner les Îles-de-Boucherville à partir du parc de la Promenade Bellerive à bord d’une navette, la fin de semaine ! Depuis les débuts, on le voit, le quartier a assisté aux premières loges au développement des installations du port, en passant par son expansion majeure dans les années 1970. La Société d’animation de la Promenade Bellerive fête ses 20 ans cette année.

Rues Notre-Dame et Mercier
www.promenadebellerive.com

 


Oeuvre du photographe Yvan Zedda

La Mer à voir

Devant l’engouement qu’a connu la première cuvée de photos de la Vitrine Maritime, Héritage Maritime Canada récidive et propose cet été 12 photos triées sur le volet, qui constituent l’exposition La Mer à voir. On s’y laisse charmer par les réalisations de neuf photographes européens membres du collectif Sea&Co, ainsi que d’une photographe locale, la canadienne Monick Lanza. À travers leurs œuvres, la mer se montre dans tous ses états : ludique, lascive, industrieuse, violente, mystérieuse… La Vitrine Maritime compte sur de précieux partenaires, dont le Port de Montréal.

La vitrine est située à l’intersection des rues de la Commune ouest et King.



Croisières AML


 

Tous les jours de la semaine, les croisières AML proposent des excursions commentées d’une heure à une heure et demie sur le fleuve Saint-Laurent, qui partent du Vieux-Port et se rendent jusque dans l’est de Montréal. Un guide présente la ville, son histoire, ainsi que ses installations portuaires, à mesure qu’elles s’offrent aux croisiéristes. Le guide est en communication régulière avec le port, et il peut ainsi identifier les navires amarrés aux quais ainsi que la marchandise qu’ils transportent. Ces excursions sont une belle façon de s’introduire dans les coulisses du port de Montréal, et de se mettre dans la peau des marins et des croisiéristes étrangers qui aperçoivent la métropole québécoise pour la première fois.

Jetée King-Edward, dans le Vieux-Port
www.croisieresaml.com


 


 

Port en ville

Le 7 septembre prochain, le Port de Montréal rééditera la journée Port en ville. Au cours de cette journée, le Port convie la population à une croisière à bord du Cavalier Maxim, de la compagnie AML, partenaire du Port pour l’événement. À partir du Vieux-Port jusqu'à Pointe-aux-Trembles, les passagers peuvent découvrir les installations portuaires, et un point de vue inoubliable à partir du fleuve. Cinq départs sont prévus, tout au long de la journée. Les billets, gratuits, seront disponibles dans le courant du mois d’août et les Amis du port en seront avisés.