Commercer avec le monde

Nouvelles maritimes
Navigation électronique

Le port de Montréal poursuit ses efforts dans la navigation électronique, avec l’enrichissement des données mises à la disposition des quelque 116 pilotes membres de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent Central. Ces derniers assurent la conduite des navires entre le port de Montréal et Québec. « Les pilotes sont munis d’outils qui intègrent les données en temps réel  et les prévisions concernant des informations essentielles comme le niveau d’eau et les marées, ainsi que la position des autres navires, à mesure que le navire progresse sur le fleuve », explique Daniel Dagenais, directeur des opérations à l’Administration portuaire de Montréal.  En anglais, on parle de « forecast » et de « nowcast ».

L’initiative autour de la navigation électronique a été lancée il y a environ neuf ans, au Port de Montréal, et va résolument de l’avant.  Ces projets sont réalisés en étroite collaboration avec la Garde côtière du Canada et le Service hydrographique du Canada, l’Administration du Pilotage des Laurentides, la Corporation des pilotes du Saint Laurent central et la Corporation des pilotes du bas Saint Laurent. Pour sa part, le ministère fédéral des Transports, de l’Infrastructure et des
Collectivités y a investi  500 000 $.

Prochaines étapes : le développement d’outils permettant de mesurer le tirant d’air, c’est-à-dire l’espace entre la surface de l’eau et un obstacle aérien.  Cet espace fluctue constamment, en fonction de la variation du niveau d’eau. Entre Québec et Montréal, la contrainte principale que rencontrent les bateaux est le Vieux Pont de Québec. Le tirant d’eau y varie sous l’effet, principalement, des marées et des vents. C’est donc sous son tablier qu’on a fixé un censeur relié par câble à une antenne GPS. Ce détecteur fait la lecture en temps réel du tirant d’air. « L’idée, c’est de modéliser la fluctuation du tirant d’air à partir de l’analyse des variables qui le déterminent. On pourra donc le prévoir de façon très précise et le communiquer au pilote », explique Daniel Dagenais.

Un autre projet présentement en cours de réalisation concerne le raffinement du calcul de dégagement sous quille. La coque d’un navire en mouvement s’enfonce dans l’eau, sous l’effet couplé de sa vitesse dans l’eau et du volume d’eau disponible autour de la quille. L’enfoncement de la quille peut varier de plus d’un mètre.  Pour assurer un passage sécuritaire, le pilote réduit l’amplitude de l’enfoncement en diminuant la vitesse du navire. Présentement, la table d’enfoncement des navires en vigueur ne prend pas en considération le volume d’eau disponible autour de la quille et le fond du chenal. Par conséquent, l’enfoncement est généralement surestimé, et il en résulte une capacité de chargement des navires inutilement réduite. Le prochain outil de navigation électronique sera en mesure de calculer l’enfoncement au centimètre près, en temps réel, à mesure que le bateau avance. « Le but ultime, c’est de parvenir en 2014 à une utilisation optimale de la ressource naturelle, l’eau », dit Daniel Dagenais.