Commercer avec le monde

Le Port-école

Chaque année, le Port de Montréal ouvre ses portes à des cohortes d’étudiants, dans le but de leur offrir un bain de réalité qui complètera les théories apprises en classe.


Prosper Choupo, étudiant au programme Transport et logistique
du Collège Champlain

 

Les étudiants ont mille et une questions à poser à Valérie-Anne Côté, superintendante à l’Agence des services frontaliers du Canada, qui leur parle depuis une heure de son travail au Port de Montréal. Dans la grande salle du siège social du Port de Montréal, dont les larges fenêtres s’ouvrent sur le Saint-Laurent, elle explique le mandat de l’Agence, son travail sur le territoire du port et comment elle intervient dans le processus de transport des marchandises. « Nous veillons, résume-t-elle, à la sécurité nationale, et nous recherchons le juste équilibre entre la sécurité du commerce et sa fluidité. » Après la formation, elle confiera : « J’aime démystifier notre rôle. La formation, c’est dans ma nature ! »

« C’est un vrai plaisir de l’écouter ! Elle connaît la loi sur le bout de ses doigts et elle possède un véritable talent de pédagogue. L’école devrait l’engager ! » s’exclame Prosper Choupo, étudiant inscrit au programme Transport et logistique du Collège Champlain, situé à Saint-Lambert, sur la Rive-Sud.

Ses cours des 6 et 7 mai derniers se sont déroulés au port de Montréal. Lui et ses compagnons ont pu observer le travail des coordonnateurs du centre de contrôle du port, celui des opérateurs de terminaux de vrac et de conteneurs. Ils ont assisté au va-et-vient incessant des camions et des trains venus cueillir la marchandise sur les quais; ils ont suivi la valse aérienne des conteneurs manutentionnés depuis les hautes grues; ils ont admiré de près les immenses navires et ils ont discuté avec tous les acteurs de l’activité portuaire : douaniers et responsables de la sécurité, des opérations et de la gestion stratégique. Bref, ils ont pu mettre des visages, des noms, des couleurs, des odeurs et des bruits sur des notions qu’ils avaient apprises en classe.


Marcelle Simard, étudiante au programme
Transport et logistique du Collège Champlain

Un bain de réalité

« Ces deux jours m’ont mise dans le bain. Nous avons rencontré des gens compétents et extrêmement passionnés par le métier. Ils ont donné une saveur au milieu du transport et de la logistique », dit Marcelle Simard.

Cette femme énergique entame une deuxième carrière, après avoir délaissé la première, la confection personnalisée de draperies haut de gamme. Son conseiller d’orientation lui avait démontré qu’elle a les compétences de gestion pour occuper un poste en transport et logistique. Marcelle Simard et Prosper Choupo, fraîchement débarqué du Cameroun où il travaillait à l’import-export au port de Douala, font partie de la classe du professeur Peter Raimondo, professeur en transport et logistique au Collège Champlain.

Un module offert aux collèges et universités

Depuis trois ans déjà, Peter Raimondo offre à ses étudiants une formation de deux jours sur le terrain, au port de Montréal, formation imaginée par Yves Gilson, chef des communications au Port. « Le professeur Raimondo m’avait fait part de l’importance que les étudiants apprennent des choses de la bouche des experts, plutôt que dans les livres scolaires », explique Yves Gilson, qui a élaboré le canevas du module de formation.


Yves Gilson, chef des communications
au Port de Montréal

La formation est également à la disposition d’autres écoles que le Collège Champlain. Ce partenariat avec les institutions d’enseignement permet au Port de Montréal de participer à la popularisation des métiers reliés au transport maritime, de renforcer ses liens avec la communauté, et ses relations avec les secteurs professionnels de première importance pour lui. « Plusieurs de ces étudiants deviendront employés ou cadres dans des entreprises qui travaillent avec le Port de Montréal », explique Yves Gilson.

Année après année, les étudiants de Peter Raimondo reviennent enchantés de leur visite au Port : « Ils attribuent à cette formation une cote moyenne de 9 sur 10 », dit le professeur, qui connaît bien la réalité du secteur du transport maritime pour avoir été lui-même président de la Confédération des transporteurs maritimes pendant 15 ans. La cote octroyée par les étudiants est renforcée par leurs commentaires : « Une expérience qui m’a ouvert les yeux. » « Très important de voir le travail (en transport et logistique) dans la vraie vie. » « Nous avons appris plus que ce que l’on peut apprendre dans une classe. »

Les Forces canadiennes

Depuis trois ans, le Port de Montréal accueille également les étudiants en imagerie des Forces canadiennes. Luc Dumontier, superviseur des ressources informationnelles, leur montre comment on peut utiliser les photos aériennes et les images visuelles pour connaître l’état d’un lieu. « Je leur explique comment l’imagerie peut devenir un outil qu’on utilise dans le processus de prise de décision. Cela peut être appliqué dans le contexte d’une opération des Forces armées, par exemple », dit Luc Dumontier.

Design urbain et arts visuels

Plus étonnant : le Port de Montréal a également reçu des universitaires en design urbain et en arts visuels. Jean-Luc Bédard, vice-président aux opérations et capitaine du Port, a expliqué aux étudiants en design urbain l’importance de tenir compte des activités du Port au moment de concevoir des projets de construction résidentielle à proximité. « Après la rencontre, ils comprenaient mieux ce que sont les opérations du Port et leur impact économique, ainsi que le souci d’harmoniser ces opérations nécessaires avec le tissu urbain », dit Nathalee Loubier, conseillère en environnement au Port, qui a participé à la rencontre.

Au cours des 18 derniers mois, le Port de Montréal a reçu :

  • des étudiants en logistique et transport des collèges Champlain et LaSalle, des cégeps de Drummondville et de Trois-Rivières, et de la Wayne State University de Detroit, au Michigan
  • des étudiants en arts visuels de l’UQAM
  • des étudiants en gestion de commerces du Cégep de Jonquière
  • des étudiants en droit maritime de l’Université de Montréal
  • des étudiants en Infrastructure Protection and International Security de Carleton University
  • des étudiants en imagerie des Forces canadiennes
  • des étudiants en design urbain de l’Université de Montréal.

Chez les petits aussi


Les jeunes de Samajam en pleine représentation

Le soutien à l’éducation et à la persévérance scolaire fait partie des critères qui guident la politique de soutien aux communautés du Port de Montréal. En plus d’ouvrir ses portes aux étudiants du postsecondaire, le Port est également un partenaire financier du programme de persévérance scolaire SAMAJAM, qui nourrit le sentiment d’appartenance des élèves du primaire à leur école en leur montrant à jouer de la musique percussive, tout au long de l’année. Le tout se termine par un grand spectacle de fin d’année. « Ces rassemblements dégagent une énergie incroyable. Les enfants sont tellement fiers de leur accomplissement. C’est une belle façon d’assumer notre responsabilité sociale tout en se rapprochant de notre communauté avoisinante, celle de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve », dit Sylvie Vachon, présidente-directrice générale de l’Administration portuaire de Montréal.

Et les ados du secondaire

Toujours dans sa communauté de proximité, le Port s’est associé au projet Perspective Radio, mené par la radio CIBL, qui donne le micro à des jeunes du secondaire, pour mettre de la vie dans leurs travaux scolaires. Le travail se transforme en émission de radio.

C’est comme ça qu’Antoine, intimidé, va livrer au micro le fruit de son travail de rédaction : un portrait, celui d’un joueur de hockey qu’il admire. Il bafouille, se reprend, rassuré qu’on puisse recommencer l’enregistrement. Quelques minutes plus tard, c’est fait, et bien fait ! Son test oral est passé. Lui qui craignait tant cette épreuve décrochera, cette fois, sa meilleure note. Il a commencé à reconstruire sa confiance en lui.

En 2012-2013, 37 projets ont touché trois écoles secondaires et plus de 1 100 élèves. Ce programme est réalisé par CIBL, la Commission scolaire de Montréal et le Port de Montréal.

Le Port de Montréal participe également à un projet bien spécial : celui d’un voilier-école. À lire dans ce numéro