Commercer avec le monde

NOUVELLES MARITIMES

Le Port de Seattle s'implique en environnement

Le Port de Seattle n’a pas attendu de devenir membre de l’Alliance verte pour adopter des mesures de développement durable.


Le Port de Seattle

En accueillant le colloque GreenTech 2015 les 27, 28 et 29 mai derniers, le Port de Seattle recevait toutes les personnes engagées dans le programme environnemental de l’Alliance verte. Le colloque annuel de l’Alliance verte donne aux intervenants du transport maritime l’occasion de partager leurs expériences avec leurs pairs et de s’informer des nouvelles recherches, technologies et pratiques de gestion susceptibles d’améliorer leurs efforts en matière de durabilité.

« Nous avons été le premier port américain de la côte Ouest à nous affilier à l’Alliance verte, il y a deux ans. Nous sommes résolus à tout faire pour que d’autres ports du pays s’intéressent au programme et y adhèrent, déclare Linda Styrk, directrice des activités maritimes et membre du conseil de l’Alliance verte. Nous apprécions la définition de progrès environnemental que donne l’Alliance verte et nous avons à cœur de favoriser la reconnaissance du programme à l’international en augmentant ses effectifs. »

Bien avant son adhésion à l’Alliance verte, il y a de cela deux ans, le Port de Seattle avait déjà pris différentes initiatives environnementales. En 2007, Tay Yoshitani, ex-président-directeur général du Port de Seattle, a exposé son programme environnemental en laissant entrevoir sa vision d’un port devenu le plus propre, le plus vert et le plus écoénergétique des États-Unis.

Depuis, toute une série de stratégies et d’objectifs ont été mis en œuvre, allant de l’assainissement des installations portuaires à la remise en état des milieux humides. Parmi les mesures innovatrices adoptées, on note le recours aux déchets de coquilles d’huîtres afin d’éliminer le cuivre s’infiltrant dans les collecteurs d’eaux pluviales d’orage à partir de la chaussée.

La Northwest Ports Clean Air Strategy (soit « Stratégie de l’air pur des ports du Nord-Ouest ») a été une des nouvelles mesures les plus importantes. Elle a été mise en place en partenariat avec les ports de Tacoma et de Metro Vancouver. « Notre but est de réduire, d’ici la fin de l’année, nos émissions de gaz à effet de serre par tonne de fret manutentionnée de 10 % par rapport aux niveaux de 2005, et de 15 % d’ici 2020, explique Linda Styrk.


Linda Styrk, direcctrice des activités
maritimes et membre du conseil de
l'Alliance verte

Pour l’heure, le port se concentre sur la réduction de la consommation d’énergie dans toutes les installations qu’il possède et exploite, notamment aux terminaux de croisière et de pêcheries. « Sous l’impulsion de l’Alliance verte, nous travaillons à mettre en place un plan de gestion de l’énergie reposant sur les recommandations de Cardino, une maison d’experts-conseils spécialisée en génie et en environnement.

Après avoir défini des indices de référence en matière de consommation directe de kilowatts et de Btu, le port s’efforcera de trouver des façons de réduire chaque catégorie de consommation d’énergie. « Comme toujours, c’est l'investissement initial qui représente le plus grand défi, commente Linda Styrk. Ainsi, nous aimerions disposer de quais plus électrifiés. Toutefois, amener des lignes électriques jusqu’aux berges entraîne des dépenses considérables en matière d'infrastructures. »

Les motifs justifiant des efforts de durabilité plus soutenus sont évidents. « Nous souhaitons pouvoir considérer notre port comme la porte d’entrée écologique vers le marché nord-américain, affirme Linda Styrk. Cette préoccupation pour l’écologie compte beaucoup pour les habitants de Seattle, qui, par leurs impôts, financent en partie le port, et de plus en plus aussi pour des entreprises comme REI (équivalent de La Cordée ici Québec) et Starbucks.

« En outre, plus une entreprise est écoénergétique, plus elle réduit ses frais d’exploitation », ajoute Linda Styrk.

Afin de joindre le geste à la parole et de présenter ses initiatives environnementales aux délégués du colloque GreenTech, le port a organisé une visite de ses installations par bateau. « Le colloque GreenTech a étél’occasion rêvée de rencontrer nos homologues nord-américains et de comparer nos façons de relever les défis environnementaux qui surgissent tout au long de notre mission, laquelle consiste à faciliter le commerce maritime », conclut Linda Styrk.