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Les îles, aux poissons !


Cette année, le Port de Montréal termine ses travaux d’aménagement de certaines îles de l’archipel de Boucherville pour assurer aux poissons des sites de frai.


Vue générale du chenal entre les îles Tourte Blanche et Dufault

Ces jours-ci, une équipe est en train d’ensemencer et de planter, sur les sites réaménagés de cinq îles de l’archipel de Boucherville qui appartiennent au Port de Montréal. L’objectif : créer des sites de frai, c’est-à-dire des fossés herbiers accessibles aux poissons en période de ponte printanière. Ces îles sont situées dans la partie nord-ouest de l’archipel et elles ne sont pas accessibles au public.

Le Port de Montréal désire ainsi constituer une banque d’habitat de réserve, un projet qui a fait l’objet d’une entente entre l’APM et la direction de la Gestion de l’habitat du poisson (DGHP) de Pêches et Océans Canada. La Loi sur la protection des pêches côtières prévoit la création ou l’amélioration d’un habitat de réserve dans le but de compenser les effets de projets de développement qui ont un impact sur l’environnement, par exemple l’aménagement de quais.

Jusqu’en 2008, il y avait encore des activités agricoles sur ces îles, dont la majeure partie est située en zone inondable. Les cultivateurs avaient construit des chemins pour passer d’une île à l’autre, et ces remblais empêchaient les poissons de circuler en eaux libres.


Site de frai sur l'île Lafontaine

Dans un premier temps, on a supprimé le chemin agricole reliant les îles Montbrun et Lafontaine. Puis, on a procédé à l’aménagement des sites de frai sur les îles Lafontaine, Dufault et Tourte Blanche. On a d’abord éliminé une colonie de roseaux communs (phragmites), dont la densité bouchait littéralement un passage aqueux. On a dû creuser encore davantage les chenaux entre les îles pour s’assurer d’une zone d’eau libre même en période d’étiage, c’est-à-dire la période de l’année où l’eau est à son plus bas niveau.

Les aménagements ont été réalisés en tenant compte de la fluctuation des niveaux d’eau afin d’obtenir une plus grande surface disponible pour le poisson et une durée d’inondation suffisante, notamment en période de frai printanière.

De chaque côté de la zone centrale d’eau libre, on a aménagé un palier pour créer des herbiers aquatiques dont les alevins issus des sites de frai à proximité ont besoin pour s’abriter et s’alimenter. Avec l’ensemencement et la plantation, les poissons retrouveront une aire tranquille et sécuritaire pour assurer leur reproduction.