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Nouvelles maritimes

Gestion ferroviaire améliorée

Combien de wagons occupent le territoire du port, actuellement ? Où sont-ils localisés : dans la gare de triage du port ou sur un terminal ? Et lequel ? Quels wagons sont chargés et lesquels sont vides ?


Yves Bertrand, chef de cour au Port de Montréal.

En quelques clics, Yves Bertrand, chef de cour, aura non seulement réponse à toutes vos questions, mais il pourra vous faire voir en couleur, à l’écran, la position de chacun des wagons. Et des wagons, il y en a ! À titre d’exemple, le 18 février dernier à 14 h, il y avait exactement 522 wagons sur le territoire du port.

Ces données précises, limpides, visuelles et mises à jour toutes les heures font partie des avantages du nouveau système d’application informatique en service depuis le 1er janvier 2013 au Port de Montréal. Le logiciel Rail Manager, de EI System, sert à gérer tous les déplacements des wagons qui entrent, chargent ou déchargent, puis sortent du territoire du port.

La netteté des informations générées par ce nouveau système de gestion ferroviaire contraste fortement avec les rangées serrées de données, en vert sur fond noir, du logiciel utilisé jusqu’alors. Dans ce domaine, la technologie a évolué à pas de géant. Par ailleurs, le Rail Manager est un système en « nuage » hébergé à Austin, au Texas, et la maintenance technique est assurée par EI System.

 

L’ancien système...


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
... et le nouveau. Les wagons sont placés dans le même ordre à l’écran que dans la réalité (sur les rails). On utilise un code couleur : par exemple, les wagons blancs sont vides. La forme est aussi porteuse d’information : par exemple, les wagons du CP ont une forme rectangulaire, et ceux du CN ont les coins abaissés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« De plus, nous en avons donné l’accès à nos partenaires opérateurs de terminaux », explique Roch Robitaille, analyste des systèmes au Port de Montréal. « Ils peuvent consulter toutes les informations. Ultimement, nous voudrions leur permettre d’y gérer les wagons qui entrent dans leur cour, ce qui éliminerait beaucoup de paperasse. »

Yves Bertrand reçoit un appel du terminal céréalier Viterra, qui est prêt à recevoir ses wagons pour un déchargement et un chargement. « Regardez : en consultant la cour de Viterra à l’écran, on repère d’un coup d’œil quelle voie est libre pour recevoir les nouveaux wagons. » Sur son écran, le chef de cour, d’un clic, déplace virtuellement lesdits wagons de la gare de triage jusqu’à la cour de Viterra. Il ne lui reste plus qu’à prévenir son collègue cheminot de procéder au déplacement « réel » des wagons.

Il fallait un système puissant pour gérer les activités ferroviaires du port, puisqu’elles sont complètement intégrées aux opérations de manutention. Le Port de Montréal possède et entretient 100 km de rails. Les compagnies CN et CP amènent leur train à l’échangeur, où les wagons sont pris en charge par les équipes du train du port de Montréal. Ces dernières tirent les wagons jusqu’au terminal où ils sont destinés et les placent selon un ordre préétabli.

L’opérateur de terminal procède alors aux manutentions de déchargement puis de chargement. Ensuite, les employés du port refont le train et le ramènent à l’échangeur, où ils le remettent au CN ou au CP.

Le pedigree de chaque wagon de même que l’historique de ses déplacements sont conservés. Les informations sont compilées, et un bilan quotidien est aiguillé vers le système de facturation, qui, du coup, s’en trouve simplifié lui aussi.

Le logiciel Rail Manager a été adapté sur mesure aux spécificités géographiques du port et de ses terminaux. Puis, il a fallu procéder à la migration du vieux système au nouveau. Le service de gestion ferroviaire fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Sauf le 1er janvier. On a profité de cet unique congé annuel pour procéder à la mise en ligne. « Nous avons eu un 31 décembre et un 1er janvier occupés ! » dit Roch Robitaille, avec un sourire satisfait. Mission accomplie !

Les chefs de cour ont dû apprendre à se servir du nouveau système. Mais maintenant, leur travail s’en trouve simplifié: « Le logiciel fait les calculs qu’on faisait “à la mitaine”, comme le nombre de wagons et leur longueur pour calculer la longueur du train », dit Yves Bertrand.


Sur ce tableau, on peut voir d’un coup d’œil l’état des voies...
 

Ce tableau indique l’état des aiguillages.