Commercer avec le monde

Les fournisseurs d’équipements

Les navires qui font escale au port de Montréal comptent sur leur fournisseur local pour se ravitailler. En tout ! Leurs besoins ne connaissent pas de limites.


Entrer dans l’entrepôt de 3 280 mètres carrés de Clipper, c’est comme pénétrer dans la caverne d’Ali Baba.

Du plancher au plafond, s’entassent des sacs et des caisses débordant de denrées, d’outillages, de cordages et de drapeaux de toutes les couleurs.

« Tout ce à quoi un navigateur peut penser, on le trouve ici ! » s’exclame fièrement Craig Bishop, le propriétaire.

L’enseigne de Clipper Ship Supply est bien connue des passants qui empruntent le petit pont de la rue Mill, en direction du port et du pont Victoria. L’entreprise approvisionne depuis plus de 40 ans les navires qui accostent au port. Tout comme Industries Marine Seagulf, installé à un jet de pierre, sur la rue Mill, entre les écluses et le Bassin de la Pointe-du-Moulin. Tout près des clients.

« C’est notre troisième emplacement. Nous avons d’abord occupé un local à la place D’Youville, dans les années 1950, puis un entrepôt sur la rue de la Commune », précise Robert Zeagman, le président de Seagulf.

Quand les navires arrivent au port après plusieurs jours de navigation et la traversée d’un océan, ils doivent se ravitailler, procéder à des réparations, renouveler des équipements, remplacer des pièces, regarnir la pharmacie, reconstituer les stocks de produits d’entretien : nettoyants, graisses, huiles. Quelques jours avant leur arrivée, ils communiquent avec leur fournisseur – ils ont un fournisseur dans chaque port où ils font escale – et passent leur commande. Ils comptent sur lui pour leur trouver tout, absolument tout ce dont ils ont besoin. Le jour où nous avons rencontré Craig Bishop, il était à la recherche d’une ancre de cinq tonnes, à livrer trois jours plus tard !

 

De tout pour tous

Les navires qui séjournent au port de Montréal proviennent de tous les coins du monde. Leurs besoins sont diversifiés et parfois surprenants. Par exemple, les navires américains exigent des équipements mesurés en pieds et en pouces, alors que le reste du monde utilise le système métrique. Les japonais, eux, ont des systèmes électriques différents de tous les autres. Les outils et la quincaillerie répondent à des standards différents, d’un pays à l’autre.

Il faut savoir où tout trouver, tout prévoir… même des marteaux brise-glace pour les marins du Sud que l’hiver québécois a surpris. Les équipages indiens réclament leurs épices; les marins asiatiques, leurs nouilles; les méditerranéens, leur huile d’olive; les russes, leurs sauces, etc. « Heureusement, Montréal est une ville cosmopolite où on retrouve les cuisines du monde entier. Dans d’autres ports, des Grands Lacs par exemple, c’est plus difficile ! » dit Robert Zeagman.


Robert Zeagman, co-propriétaire de Seagulf

Pour combler les besoins de tout ce beau monde, les fournisseurs comme Seagulf et Clipper font eux-mêmes affaire avec des milliers de fournisseurs, dont plusieurs à l’étranger. Craig Bishop assure en compter 20 000. Il a créé un catalogue où chaque article porte un code, ce qui améliore grandement la précision des commandes des clients.

« La première qualité que nos clients recherchent chez leur fournisseur, c’est la fiabilité. La deuxième, c’est la disponibilité », dit Robert Zeagman. Le plus difficile, c’est d’assurer le service 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Un pétrolier peut très bien accoster à minuit et repartir au petit matin… après s’être ravitaillé !

 

Attention ! Contagieux


Craig Bishop, co-proprétaire de Clipper

Le métier n’est peut-être pas de tout repos, mais il semble tout de même contagieux. Craig Bishop y a fait ses premières armes à l’âge de 12 ans, chez Monstad, l’entreprise de son père, Lloyd.

Aujourd’hui, il mène Clipper avec son frère Keith, dont un rejeton pourrait bien prendre la relève. Chez Seagulf, Robert Zeagman a succédé à son père, qui a fondé la compagnie en 1958.

Son frère Brian, aussi actionnaire, gère le bureau de St. Catharines, en Ontario, et son fils Alexander, 27 ans et ingénieur mécanique, est aussi entré au service de l’entreprise. Ils ont la piqure !