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NOUVELLES MARITIMES

Fednav traverse le mythique passage du Nord-Ouest

Le transporteur maritime montréalais Fednav s’est retrouvé au sommet de la planète l’automne dernier, quand son navire-brise-glace le plus moderne, le MV Nunavik, a entamé un périple historique. Il est devenu l'un des premiers navires civils à franchir le légendaire passage du Nord-Ouest sur toute sa longueur, et le premier à le faire chargé de fret et sans escorte.


Le Nunavik est parti du Nouveau-Québec et a rejoint la Chine en passant
par le passage du Nord-Ouest

Le Nunavik a pris la mer le 19 septembre à partir de Baie Déception dans le Nouveau-Québec, avec, à son bord, une cargaison de 23 000 tonnes de minerai de nickel concentré provenant de la mine Canadian Royalties. Il voguait vers Bayuquan en Chine, destination qu’il allait atteindre 26 jours plus tard, le 15 octobre.

Le Nunavik, un navire de 31 700 tonnes de port en lourd, est le plus puissant vraquier brise-glace à propulsion conventionnelle (non nucléaire) du monde. Il demeure fonctionnel et autonome même dans les rudes conditions qui règnent dans l’Arctique. Plusieurs fois par année, il part de Baie Déception chargé de minerai de la société Canadian Royalties.

Après avoir quitté Baie Déception, le bâtiment a navigué quelques jours vers l’est, en passant le détroit d’Hudson. Puis il a pointé vers le nord, à travers le détroit de Davis et la baie de Baffin, avant d’atteindre le point le plus septentrional de son périple, situé à la hauteur du détroit de Lancaster, la porte d’accès orientale du passage du Nord-Ouest. Après avoir dépassé baie Resolute, le navire a vogué vers des latitudes plus basses. Au sortir du détroit du Prince-de-Galles, il a mis le cap sur l’ouest, après avoir traversé le golfe Amundsen, puis sur la mer de Beaufort, au neuvième jour de son périple.


Un trajet plus court d'environ 5 000 milles marins.

Le Nunavik venait alors de relever le défi de la traversée du passage du Nord-Ouest. Après avoir accompli un périple de 2 071 milles marins, le navire était paré pour entreprendre la seconde partie de son voyage, soit les 4 914 milles marins qui le séparaient de Bayuquan.

2 000 tonnes de GES épargnées

En empruntant le passage du Nord-Ouest plutôt que le canal de Panama pour parvenir en Chine, le Nunavik a raccourci son trajet d’environ 5 000 milles marins, ou 20 jours. Du coup, il a épargné à la planète autour de 2 000 tonnes de gaz à effet de serre.

Tout au long de la traversée du passage du Nord-Ouest proprement dit, le chef de bord, le capitaine Randy Rose, l’officier de navigation dans les glaces, le capitaine Tom Grandy, et les officiers de quart du Nunavik ont été à l’affût des glaces glaciaires (icebergs, bourguignons et fragments d’iceberg), source constante de préoccupation dans les eaux arctiques. Une équipe réunissant des spécialistes de la navigation dans les glaces de Fednav et de sa filiale, Enfotec, basée à terre, veillait à la logistique entourant l’opération. À intervalles réguliers, le navire recevait en temps quasi réel les cartes des glaces du Service canadien des glaces sous forme d’imagerie satellitaire. Ces données, jumelées à celles fournies par le système de navigation dans les glaces embarqué IceNav, exclusif à Enfotec, ajoutaient à la sécurité et à l’efficacité de l’entreprise.

Un blogue


 

Les personnes qui souhaitaient suivre cette aventure au jour le jour ont pu le faire en consultant le blogue de l'équipe du Nunavik de Fednav sur sa traversée du Nord-Ouest. Au sommet de sa notoriété, le journal en ligne était suivi par 8 000 fidèles. Les lecteurs ont ainsi pu découvrir les défis affrontés par le navire et son équipage, ainsi que de remarquables photos de paysages arctiques.

Tim Keane, directeur principal, Opérations dans l’Arctique et projets de Fednav, a tenu le journal jusqu’au jour 9 du périple, moment où il a débarqué sur l’île de Banks. C’est le chef mécanicien Gary Bishop qui a assumé la tenue du journal pendant le reste du voyage.

« Nous avons été enchantés par tous les aspects du périple, qui doit son succès à la somme de nos années d’expérience de l’Arctique, dit Tim Keane. Au bout du compte, ce périple a pu apparaitre comme un voyage de routine. Mais il est, en fait, le résultat d’une évaluation des risques soigneusement planifiée et approfondie, et d’un pilotage expert, assuré par une équipe extrêmement compétente, aussi bien à bord qu’à terre. »