Commercer avec le monde

À l’école des pilotes

Nommez un métier où votre environnement de travail est le fleuve Saint-Laurent, et qui vous permet, chaque jour, de conduire l’un des nombreux types de navires différents qui le sillonnent. Réponse : pilote du Saint-Laurent.


 

Le travail

À partir des Escoumins jusqu’à Montréal, tous les navires qui remontent le fleuve par le chenal doivent obligatoirement se faire conduire par un pilote du Saint-Laurent. Le pilote du Saint-Laurent monte à bord, il prend en charge la conduite du navire et il transmet le cap à suivre au timonier, qui tient la barre. Il est également responsable des manœuvres d’appareillage et d’accostage du navire.

Les études

Après avoir acquis au moins 1 000 jours d’expérience à titre d’officiers de navigation (formation de quatre années dans une institution reconnue), les candidats sélectionnés doivent suivre deux années de formation, soit 280 voyages d’apprentis, sous la supervision d’un pilote breveté. Après avoir réussi un processus d’examen rigoureux, ils deviennent pilotes de classe C. Ils ont alors le droit de guider des navires d’un maximum de 165 mètres. À mesure qu’ils acquièrent de l’expérience, on leur confie des navires de plus en plus gros. Et finalement, au bout de cinq ans, ils deviennent pilotes de classe A, et ils sont habilités à conduire les plus gros navires permis dans la voie maritime, comme Georges Guay (lire À bord du OOCL Montréal).

Avez-vous le profil ?

Le pilotage maritime est la plus haute spécialisation de l’industrie maritime. La première exigence pour être admis au cours, c’est d’être officier de la marine marchande. Certains candidats sont même capitaines.

Un bon pilote est une personne calme, prudente, prévoyante, dotée d’un bon jugement et capable de prendre des décisions rapidement. Son premier objectif, c’est d’assurer la sécurité du navire et de son équipage, et la sécurité de la navigation sur le fleuve. Comme le vin, le pilote se bonifie avec le temps : « Les plus expérimentés d’entre nous disent qu’on devient excellent après 25 ans de métier », dit le pilote Simon Lebrun (lire Pilote et créateur d’événements).


Pour s'assurer de la relève, l'Administration de
Pilotage des Laurentides et les corporations des
pilotes évaluent conjointement les besoins et
planifient le  recrutement des candidats au poste
de pilote du Saint-Laurent.

 

Le pilote partage les mêmes qualités qu’un globe-trotter : curiosité, attrait pour les cultures étrangères et ouverture aux autres. Mais, au lieu que ce soit lui qui parcourt la planète, c’est plutôt le monde qui vient à lui. Premier contact de l’équipage du navire étranger avec le Québec, le pilote fait figure d’ambassadeur; offrir un accueil chaleureux fait partie de son rôle. Certains officiers étrangers mitraillent les pilotes de questions sur notre politique, notre économie, sur les endroits à visiter à Montréal. Ils veulent tout savoir !

« Le capitaine nous remet la conduite de son navire, mais c’est lui qui en demeure le responsable, au bout du compte. Il a énormément de responsabilités sur les épaules. C’est donc très important d’établir un lien de confiance avec lui, explique le pilote Éric Bergeron (lire À bord du OOCL Montréal). Même avec les capitaines plus introvertis, je m’arrange pour faire craquer un sourire. »

Finalement, la passion semble une caractéristique des pilotes du Saint-Laurent, comme en témoigne Simon Lebrun : « Entrer dans ma ville de Montréal à bord d’un gros porte-conteneurs, au petit matin, quand le soleil se lève, c’est fantastique ! »

Pour en savoir plus sur le métier, visitez les sites Internet des Corporations des pilotes du Saint-Laurent et de l’Administration de Pilotage des Laurentides:

www.cpslc.ca

www.pilotesbsl.qc.ca

www.pilotagestlaurent.gc.ca