Commercer avec le monde

des navires branchés

Brancher un navire sur une prise électrique, comme on branche son grille-pain ? Oui, c’est possible ! Et surtout, c’est plus respectueux de l’environnement.


 

Au Port de Montréal, le Camilla Desgagnés, un navire hivernant du groupe Desgagnés, a passé l’hiver branché au quai M, dans le bassin Bickerdike, face à Habitat 67. Un navire désarmé, c’est-à-dire isolé et remisé pour l’hiver, doit quand même être chauffé pour accommoder son gardien et éviter le gel.

En 2015, le Port de Montréal a décidé d’aller de l’avant et d’étendre le service d’électrification à quai, non seulement pour les navires hivernants, mais aussi pour les navires de croisière. Un projet d’envergure qui nécessite des investissements de 11 M$ et la participation des gouvernements du Canada (5 M$) et du Québec (3 M$), le Port de Montréal assurant les 3 M$ restants. 

Les navires de croisière, une tout autre histoire


Peter Manolov, ingénieur électrique au Port de Montréal, chargé
du projet d'électrification des quais.

« Brancher un navire de croisière, c’est une tout autre histoire ! dit Peter Manolov, ingénieur électrique chargé du projet au Port de Montréal. Un navire de croisière, c’est comme une petite ville : des milliers de personnes, des cabines équipées d’une salle de bain, des restaurants, des installations diverses : salle de spectacle, spa, piscine, gymnase, salon de coiffure, etc. Bref, la consommation d’électricité d’un navire de croisière égale plus ou moins la consommation totale du Port de Montréal. »

D’ailleurs, 10 des 11 M$ du projet sont consacrés à l’alimentation des navires de croisière à la jetée Alexandra. Afin d’assurer une alimentation électrique assez puissante, Hydro-Québec viendra installer une nouvelle artère de 25kV, pour alimenter la nouvelle sous-station qui sera implantée à l’été.

L’alimentation électrique à quai est une méthode très efficace pour réduire les émissions atmosphériques provenant des moteurs diesels marins. Elle améliore la qualité de l’air ambiant en permettant aux navires d’arrêter leurs moteurs diesels et de se brancher au réseau électrique alimenté par des sources d’énergie renouvelable. Les réductions totales des émissions de gaz à effet de serre (GES) résultant de ce projet devraient atteindre 2 800 tonnes par année, soit 1 300 tonnes grâce aux raccordements des navires de croisière et 1 500 tonnes grâce à l’hivernage des navires.

Le Port de Montréal fait partie du groupe des neuf ports qui offrent l’alimentation électrique à quai en Amérique du Nord. Au Canada, les ports de Vancouver et de Halifax font également partie de ce groupe innovateur.