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GROS PLAN

opération de déchargement chez lantic

 

En ce matin du 17 juillet 2014, les débardeurs déchargent le Federal Swift, un vraquier de la flotte de Fednav International arrivé quelques jours plus tôt, en provenance du port de Santos, au Brésil, le principal port d’Amérique latine, et transportant 35 000 tonnes de sucre brut. Le déchargement de cet immense sucrier flottant prendra cinq jours.


La grande cale du navire est divisée en cinq plus petites cales indépendantes les unes des autres. Cela permet de mieux contrôler la répartition du sucre et, partant, de bien équilibrer le chargement d’un bout à l’autre du navire.
 

Chacune des cinq cales est énorme et peut contenir 7 000 tonnes de sucre, pour un total de 35 000 tonnes. L’échelle de grandeur est donnée par l’homme qui surveille le déchargement, en haut de l’escalier (à droite sur la photo).
 

Le déchargement du vraquier est une affaire d’équipe. Celle-ci est formée de trois partenaires majeurs: le transporteur maritime, ici Fednav International, l’opérateur du terminal, Logistec, et le client, Lantic. Sur la photo, à gauche : Marc Rousseau, chef de service, sucre brut, chez Lantic, et à droite : Max Verna, superviseur agence portuaire chez Fednav, sur le Federal Swift.

 


Un débardeur cumulant 14 ans d’expérience complète sa formation de 2 mois aux commandes de la grue mobile. C’est un travail d’une extrême précision.
 

Du haut des 24 mètres (80 pieds) où est accrochée la cabine, son « poste de travail », l’opérateur de grue a une vue parfaite à la fois de la cale du navire et de l’entonnoir dans lequel il devra déverser le sucre. Munie de pneus, la grue se déplace facilement sur le quai pour se poser directement devant la cale qui doit être vidée.

 


Sous l’œil assuré de son coach, qui compte 12 ans d’expérience sur cette grue, l’opérateur plonge le grappin dans le ventre du navire.
 

Au bout de son long câble, le grappin ouvre sa gueule et mord dans la montagne de sucre. Une seule pincée équivaut à 30 tonnes de sucre, de quoi remplir un camion d’un seul coup. La grue peut sortir 500 tonnes de sucre à l’heure.
 

Puis, la grue pivote vers l’entonnoir destiné à recevoir le sucre et à le laisser couler dans le convoyeur relié à la raffinerie.
 

Lorsque le grappin est positionné exactement au-dessus de l’entonnoir, ses mâchoires s’ouvrent et laissent s’écouler le beau sucre blond, qui ressemble à du sable de plage.
 

Le grappin est trop gros pour ramasser le sucre sur les parois de la cale; il a besoin de plus petit que soi. Une petite pelle mécanique arrivée du haut des airs, suspendue par des câbles, vole littéralement au secours du géant.
 

Son rôle est de défaire les montagnes de sucre qui se forment le long des bords de la cale et de ramener ce dernier au milieu pour faciliter le travail du grappin. Au fond de la cale, la petite pelle a l’air d’un jouet perdu au milieu d’un carré de sable.
 

De l’entonnoir, le sucre glisse dans le convoyeur souterrain qui remonte un peu plus loin pour se diriger vers la raffinerie…
 

… directement dans l’entrepôt où absolument tout est recouvert de sucre brut, le plancher comme les piliers. C’est collant et ça sent bon ! Même le sucre éparpillé par terre sera récupéré. Le procédé de raffinage le nettoiera de fond en comble et lui redonnera toute sa pureté.
 

 

Dans l’entrepôt, le sucre attendra qu’on vienne le chercher pour être raffiné. La centrale thermique produit l’énergie pour toutes les activités de la raffinerie. Lantic a déployé des efforts considérables pour réduire sa consommation d’énergie. Ces efforts ont été très concluants, au point que Lantic a mérité un prix de l’Association québécoise pour la maîtrise de l’énergie. « Ici, la technologie moderne coexiste avec les installations originales », dit Imane El Assoss, la planificatrice de production au sein du département de la chaîne d’approvisionnement.

Au début du procédé de raffinage, le sucre sera lavé et dissous dans de l’eau chaude pour être débarrassé de ses impuretés, puis il sera filtré et décoloré. Ensuite, on évaporera une quantité précise d’eau dans le but de cristalliser le saccarose. Ces cristaux seront par la suite séparés du sirop dans des centrifugeuses. Au terme de cette dernière opération, nous obtenons du sucre granulé blanc. Ce sucre est séché dans des séchoirs rotatifs appelés granulateurs. Quant au procédé de fabrication de la cassonade, il y en a autant qu’il y a de raffineries de sucre de canne dans le monde! Chacune a ses petits secrets de fabrication.

Une fois raffiné, le sucre est entreposé dans deux silos pouvant recevoir chacun 5000 tonnes de vrac.


 

Plusieurs lignes de production permettent d’emballer le sucre dans des formats variés, afin de répondre aux besoins des clients. De plus, Lantic fournit du sucre granulé en vrac et du sucre liquide. 

Sur le terrain de Lantic, un chemin de fer permet au Port de Montréal de venir livrer des wagons vides ou de ramasser les wagons pleins de sucre granulé ou liquide. Cinq ou six wagons transportant chacun 90 tonnes de sucre quittent la raffinerie chaque jour à destination du centre de distribution de Lantic situé à Toronto ou vers les clients. « Le raffinage du sucre est un flux en continu, il est donc très important de bien planifier la sortie du sucre, car il faut continuellement faire de la place dans les silos pour continuer à faire fondre le sucre brut qui nous arrive par navire toutes les trois semaines », explique Imane El Assoss.

Avantageusement situé dans le port, pratiquement sur le quai, Lantic bénéficie de cette proximité géographique pour s’approvisionner en sucre brut et continuer à le raffiner. Et la raffinerie n’est pas près de manquer de travail, car le sucre sera toujours nécessaire dans nos cuisines.