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CHIFFRES EN MAIN


 

Portrait-éclair de la main-d'oeuvre maritime

Au Québec, la promotion des carrières maritimes est efficace, mais du boulot reste à faire pour assurer une relève solide dans l’industrie du transport maritime.

Voilà le message lancé par Claude Mailloux, le directeur général du Comité sectoriel de la main-d’œuvre de l’industrie maritime (CSMOIM), le 10 février dernier, à la conférence sur la Stratégie maritime organisée par Les Affaires.

Selon une étude de 2013, 360 employeurs de l’industrie maritime québécoise emploient 13 200 travailleurs. Ce sont des emplois directement reliés au transport maritime.

Le tiers de ces travailleurs oeuvrent sur des navires de marchandise ou de passagers. Les autres deux-tiers occupent des emplois sur la terre ferme.


 

Les armateurs emploient presque la moitié de ces travailleurs (47%), tandis que les services maritimes (21%) et les services portuaires (28%) se partagent les autres. Il y a eu 2 000 embauches sur 3 ans.

 

 

L’industrie fait actuellement face à une rareté de travailleurs. Claude Mailloux souligne tout de même que la campagne de promotion menée par le comité sectoriel et par l’Institut maritime du Québec, depuis 2008, auprès des élèves du secondaire, a été fructueuse : de 2008 à 2013, les demandes d’admission ont grimpé de 64% aux programmes de navigation, et de 116% aux programmes en génie mécanique de marine, des emplois en mer.

Des activités comme la Journée des carrières maritimes, qui se tiendra le 26 mars au Centre des sciences et au Port de Montréal, et dont le Port de Montréal est un fier partenaire, suscite énormément d’intérêt. On y attend des centaines de jeunes.

« Nous devons poursuivre nos efforts si nous voulons maintenir cet intérêt pour les carrières dans la marine, car même cela n’est pas encore suffisant pour répondre aux besoins de l’industrie », dit Claude Mailloux.


Claude Mailloux, directeur général du Comité sectoriel de la
main-d'oeuvre de l'industrie maritime

Les emplois en mer sont variés. À bord des navires on trouve des matelots de pont, des timoniers, des matelots de salle des machines, des cuisiniers et des officiers. Selon leur brevet et leur expérience, leur parcours peut les amener sur toutes sortes de navires, tant dans le transport des marchandises que des passagers, ou sur des navires de services comme des remorqueurs.

Les postes d’officiers exigent une formation académique que l’on acquiert dans une école maritime. Au Québec, c’est l’Institut maritime du Québec à Rimouski (IMQ) qui offre cette formation. Une fois commencé leur parcours professionnel, les nouveaux officiers maritimes peuvent progresser vers les échelons supérieurs. Ils devront alors obtenir les brevets nécessaires en passant par la formation continue. Quelques cours en gestion leur seront aussi très utiles pour occuper les fonctions de capitaine ou chef mécanicien. De plus, leur expérience en mer et leurs compétences leur ouvriront des portes vers des emplois à terre dans les opérations ou dans l’administration maritime, comme directeur des opérations, gestionnaire de navire, gestionnaire d’équipage, maître de port, surintendant de terminal portuaire et bien d’autres.

Le Comité sectoriel, l’IMQ et leurs partenaires des entreprises s’efforcent de donner le plus de visibilité possible aux carrières maritimes. Ils travaillent aussi à améliorer l’offre de formation aux travailleurs en emploi pour rendre la progression de carrière aussi fluide que possible. « Assurer la relève, tant chez les marins que dans les emplois maritimes à terre est une tâche à long terme, toujours à refaire.  Mais c’est un projet passionnant », conclut Claude Mailloux.