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CHIFFRES EN MAIN

Les navires : mode de transport durable par excellence

Quand on compare les différents modes de transport, iI apparaît clairement que les navires sont capables, avec un litre de carburant, de transporter une tonne de marchandises beaucoup plus loin que n’importe quel autre mode de transport.

Source : Document Politique de transport maritime et fluvial. Le Québec à la barre. Le Saint-Laurent.

Par ailleurs, la Chambre de commerce maritime, dont le Port de Montréal est membre, a commandé une étude, en collaboration avec d’autres partenaires, pour déterminer la performance environnementale du transport maritime. En voici quelques résultats.

Source : Environmental and Social Impacts of Marine Transport in the Great Lakes-St. Lawrence Seaway Region (janvier 2013)

  • Le rendement énergétique de navires qui empruntent la Voie maritime du Saint-Laurent est de 24 % plus élevé que celui du train, et de 531 % plus élevé que celui du transport par camion.
  • Les navires qui empruntent à la fois la Voie maritime du Saint-Laurent et les Grands Lacs ont un rendement énergétique de 14 % plus élevé que le train et de 594 % plus élevé que le transport par camion.

En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre :

  • Le transport par train de une tonne de marchandises sur un kilomètre produit 22 % plus de gaz à effet de serre, et le transport par camion, 450 % de plus qu’un navire qui transporte la même tonne de marchandises sur un kilomètre, sur la Voie maritime.
  • Le transport par train de une tonne de marchandises sur un kilomètre produit 19 % plus de gaz à effet de serre, et le transport par camion, 533 % de plus qu’un navire qui transporte la même tonne de marchandises sur un kilomètre, sur la Voie maritime et les Grands Lacs.

Le transport maritime, en raison de sa nature, émet moins de polluants, certes, mais il aura toujours besoin de ses collaborateurs ferroviaire et routier pour compléter la chaîne logistique du transport de marchandises. Or, ces derniers sont également engagés dans un processus de diminution de leur empreinte environnementale.

Le transport par camion

Dans l’industrie du transport routier, la conception des camions et des équipements, ainsi que les pratiques, sont revues. Par exemple, Transport Robert, un partenaire du Port de Montréal, prend des mesures pour réduire sa consommation de carburant et ses émissions polluantes. Cette entreprise a fait l’acquisition de camions au gaz naturel liquéfié (GNL), ce qui diminue la consommation de diesel et, du coup, réduira à terme ses gaz à effet de serre de 25 à 29 %.

Par ailleurs, Transport Robert investit de plusieurs façons pour réduire son empreinte environnementale :

  • Adoption de trains routiers (un tracteur tirant deux remorques)
  • Limitation de la vitesse maximale à 100 km/h
  • Ajout d’équipements aérodynamiques, comme les jupes et les déflecteurs
  • Installation de pneus simples à larges bandes
  • Programmation des moteurs pour limiter la marche au ralenti à un maximum de cinq minutes
  • Ajout de génératrices permettant aux chauffeurs de climatiser ou de chauffer l’habitacle à l’arrêt sans allumer le moteur
  • Adoption de moteurs moins polluants
  • Cours d’efficacité énergétique sur la route (écoconduite)

L’ensemble de ces actions permet une économie d’énergie globale de 10 % par année. « En émissions de gaz à effet de serre, c’est 11 000 tonnes de GES qu’on évite d’envoyer dans l’atmosphère, chaque année, ce qui équivaut à retirer 2 800 autos des routes du Québec. »

Pour sa part, le ministère des Transports du Québec gère depuis 2009 le Programme d’aide à l’amélioration de l’efficacité énergétique (PEET), qui comprend un volet « routier ». Une aide financière est offerte pour l’acquisition d’ordinateurs de bord, de technologies permettant une diminution du temps de marche au ralenti du moteur du véhicule, d’équipement qui améliore l’aérodynamisme du véhicule et de technologies qui accroissent son efficacité énergétique, des modifications ou le remplacement pour l’hybridation d’un véhicule, ou l’utilisation d’un carburant de remplacement. Le programme a répondu à plus de 2 400 demandes d’aide, et les projets reçus représentent une réduction de 90 tonnes de GES.

Par ailleurs, à la suite de l’adoption au Canada d’une norme lancée l’an dernier aux États-Unis, les camions et autres véhicules lourds vendus en 2018 devront émettre 23 % moins de gaz à effet de serre (GES) que ceux qui sont actuellement sur le marché. La nouvelle norme pour les camions entrera progressivement en vigueur à partir de 2014.

Le transport ferroviaire

Du côté du transport ferroviaire, le CN continue d’acquérir de nouvelles locomotives qui permettent d’économiser jusqu’à 20 % du carburant généralement requis et de réduire ses émissions d’oxydes d’azote de 40 %. La compagnie ferroviaire investit plus de un million de dollars dans la recherche visant à mettre au point la prochaine génération de locomotives et de carburants de remplacement.

Le CP est tout aussi actif. En 2009, il a diminué ses émissions de gaz à effet de serre de 9,5 % par rapport à 1990, malgré une augmentation de 18 % des tonnes-milles commerciales au cours de la même période. Ses émissions de gaz à effet de serre par unité de T-MC ont diminué de 26 % entre 1990 et 2009.

Selon l’Association des chemins de fer du Canada, les chemins de fer canadiens ont investi plus de 2,5 milliards de dollars – soit 20 % de leurs produits d’exploitation – dans leurs propres infrastructures et ont fait l’acquisition de nouvelles locomotives répondant aux normes de l’Agence gouvernementale des États-Unis pour l’environnement (EPA).

Source : Association des chemins de fer du Canada : Programme de surveillance des émissions des locomotives 2010.

La consommation de carburant pour le trafic de marchandises a diminué de 2,9 % en 2010. Il s’agit d’une amélioration de 29,0 % par rapport à 1990.

 

Source : Association des chemins de fer du Canada : Programme de surveillance des émissions des locomotives 2010.

On note une tendance à la baisse de l’intensité des émissions de GES attribuables au trafic de marchandises : en 2010, elle était de 2,9 % inférieure au niveau de 2009 et de 29,0 % inférieure au niveau de 1990.

Pour télécharger le Rapport du Programme de surveillance des émissions de locomotives 2010.

Tout le monde s’y met !

Selon un document émis le 14 mars dernier par l’Alliance pour une économie verte au Québec, une alliance inédite de gens d’affaires, de financiers, d’ingénieurs et de groupes environnementaux :

  • Près de 522 milliards de dollars ont été investis en 2011 dans le développement de l’économie verte en Chine, aux États-Unis, en Europe et ailleurs.
  • On s’attend à ce que ce montant double, voire triple, d’ici 2020.
  • 700 000 personnes travailleraient déjà directement dans le secteur de l’environnement au Canada, dont 169 000 au Québec.