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CAnada-états-unis : une seule frontière

« Dédouané une fois, accepté deux fois. » Voilà l’objectif de « Par-delà la frontière », le projet pilote sur la libre circulation des marchandises entre les deux pays voisins et partenaires en affaires. Quel en sera l’avantage pour le Port de Montréal ?


Le 49e parallèle, qui trace la frontière entre le Canada et les États-Unis, sera bientôt plus facile à franchir pour les conteneurs qui débarquent au port de Montréal avant de se diriger chez notre voisin du Sud. Voilà du moins l’objectif du projet pilote que conduisent conjointement l’Agence des services frontaliers canadiens (ASFC) et la United States Customs and Border Protection Agency (CBP).


À terme, si le projet est probant, les marchandises dédouanées au port de Montréal par les agents canadiens seront considérées comme dédouanées par les autorités étatsuniennes; elles pourront filer vers leur destination finale aux États-Unis sans perdre de temps à la frontière entre les deux pays.


Félixpier Bergeron, directeur de la sureté et de la prévention des incendies au Port de Montréal

« Cela constitue un avantage stratégique remarquable pour le Port de Montréal ! Nous pourrons ainsi raccourcir le temps de livraison aux destinataires étatsuniens », explique Félixpier Bergeron, directeur de la sureté et de la prévention des incendies au Port de Montréal. Cela favorisera des dizaines de millions de clients, notamment en Nouvelle-Angleterre, un marché en croissance.

Le projet pilote se déroule dans deux ports : à Prince-Rupert, en Colombie-Britannique, on teste actuellement les conteneurs transbordés sur les trains, tandis qu’à Montréal, on se concentrera sur le transport routier. Au port de Montréal, 57 % de la marchandise qui arrive est ensuite transportée par camion chez les clients. Par ailleurs, en 2010-2011, 25 % du trafic maritime total était en transit vers les États-Unis.

Le projet doit durer environ un an et il permettra d’harmoniser les procédures douanières entre les deux pays. L’idée est d’assurer la fluidité tout en maintenant un haut niveau de sécurité. Pour y arriver, on doit renforcer les contrôles de sécurité au premier point d’arrivée (PPA). On veut repérer le fret suspect le plus tôt possible dans la chaine d’approvisionnement, tout en facilitant le passage de la marchandise en règle. On verra à améliorer les méthodes de ciblage de la marchandise illégale. L’un des piliers du projet pilote du plan d’action Par-delà la frontière est la Stratégie intégrée relative à la sécurité du fret (SISF).

Le succès de Par-delà la frontière exige la collaboration de plusieurs partenaires : en plus des agences frontalières des États-Unis et du Canada, on sollicite la participation de Transport Canada, du ministère des Transports du Québec, de Contrôle routier du Québec, du ministère de la Sécurité publique Québec, de la Fédération maritime du Canada, des exploitants de terminaux, de l’Alliance canadienne du camionnage, ainsi que de l’Association du camionnage du Québec. L’Administration portuaire de Montréal y joue un rôle de soutien et de facilitateur.