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LE port de rotterdam place l'environnement en tête de liste


Le port de Rotterdam

L'Administration portuaire de Rotterdam deviendra le premier port du monde à récompenser les pétroliers océaniques propulsés au GNL ayant reçu une certification « Green Award ». Lorsqu’ils accosteront à Rotterdam, ils jouiront d’un rabais de 6 % sur les droits portuaires.

La Fondation Green Award est un organisme indépendant qui accorde sa certification aux navires et aux sociétés de transport maritime qui ont consenti des investissements supplémentaires dans leurs navires et dans la formation de leurs équipages, pour améliorer la sécurité et la performance sur le plan environnemental. L’an dernier, la fondation a décidé d’étendre sa certification aux pétroliers propulsés au gaz naturel liquide.

Rotterdam figure parmi les 55 ports qui se sont engagés à réduire les gaz à effet de serre, dans le cadre de l’initiative WPCI (World Ports Climate Initiative). Ils recherchent des façons d’amener les navires à amoindrir leur émissions polluantes.

La WPCI a défini un indice environnemental des navires (Environmental Ship Index) pour mesurer les niveaux d’émissions d’oxyde d’azote, de dioxyde de soufre et de dioxyde de carbone. Rotterdam compte parmi les 17 ports et autres fournisseurs de services qui accordent des rabais d’environ 5 % sur les droits portuaires aux navires dont les émissions sont inférieures au seuil autorisé à l’échelle internationale.

L’expansion durable


Hans Smits, directeur général de
l’Administration portuaire de
Rotterdam

Le souci de la protection de l’environnement a aussi teinté un énorme projet d’expansion du Port de Rotterdam dans la Mer du Nord, amorcé en 2008.

Le projet Maasvlakte 2 permettra d’augmenter la superficie portuaire de l’ordre de 20 % grâce à l’adjonction de 2 000 hectares de terrain et au prolongement du littoral sur une distance de 3,5 kilomètres vers le large.

Après avoir approuvé ce projet, en 2004, le Conseil d’État des Pays-Bas l’avait néanmoins mis le projet de construction en veilleuse, en janvier 2005, en exigeant des études plus poussées sur, notamment, les impacts environnementaux. Il a fallu plusieurs mois pour achever ces études supplémentaires.

L’Administration portuaire de Rotterdam a confié  le projet Maasvlakte 2 à un groupe créé spécialement à cet effet. De plus, un groupe consultatif sur le développement durable assure la supervision des plans et veille à ce que la construction, l’approvisionnement et, plus tard, l’exploitation, respectent les principes du développement durable.
« Le projet Maasvlakte 2 incarne toute la vitalité de l’industrie, de la logistique et du génie hydraulique des Pays-Bas », souligne le directeur général de l’Administration portuaire de Rotterdam, Hans Smits.

minimiser les répercussions

On a donné à l’agrandissement du port une forme simplifié, aux contours arrondis, un design qui minimise l’impact sur les habitats naturels de la mer du Nord, et nécessite moins de sable de remblaiement. Le sable provient d’un site voisin, pour contenir les impacts relatifs au transport.

À l’heure actuelle, le nouvel ouvrage longitudinal d’une longueur de 3,5 kilomètres érigé du côté nord est pratiquement terminé, tout comme le nouveau chenal de navigation. Tout a été mis en œuvre pour que le projet d’expansion s’avère le plus écologique possible. Par exemple, quelque 20 000 blocs de béton ont été récupérés de l’ouvrage du premier Maasvlakte, construit dans les années 60.


L’ammophile, une graminée maritime, retient le sable

Du côté sud, une digue souple de 7,5 kilomètres offre l’apparence d’une plage de sable et d’une série de dunes d’une hauteur de 14 mètres, qui semblent avoir surgi là tout naturellement.

On a également planté de l’ammophile, une graminée maritime, pour retenir le sable, soumis occasionnellement à de forts vents. Enfin, on a élargi la plage d’une centaine de mètres pour permettre aux résidents d’en profiter à marée haute.

Au surplus, la construction de cette nouvelle section du port respecte l’échéancier, si bien que le premier terminal à conteneurs devrait y entrer en activité dès 2014. La superficie supplémentaire permettra de répondre pendant vingt ou vingt-cinq ans à l’essor des activités commerciales portuaires.

Pour manutentionner de façon durable quelque 2,7 millions d’EVP (équivalent vingt pieds) de conteneurs annuellement, la société APM Terminals Maasvlakte 2 utilisera un système d’opération en temps réel entièrement automatisé, SPARCS N4.

Le terminal sera également équipé de véhicules élévateurs novateurs à guidage automatique, qui génèrent de moindres quantités d’émissions et sont moins bruyants. De plus, les opérateurs de terminaux seront tenus de réutiliser la chaleur et les matières résiduelles les uns des autres. Ils devront également privilégier le nouveau corridor ferroviaire et les barges fluviales, et n’utiliser le transport par camion qu’en dernier recours.

Un site Web, www.futureland.nl, a été créé spécialement à l’intention de la population. Il offre les informations et des vidéoclips en anglais et en néerlandais qui permettent de suivre le déroulement du projet.  Les relations avec la communauté rejoignent l’une des priorités de ce projet : l’amélioration de la qualité de vie des résidents locaux.