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Port d'anvers : la plus grande écluse du monde

Au port d’Anvers, on envisage de mettre en service la plus grande écluse du monde au printemps de 2016. Sa construction aura coûté 39,7 millions de dollars.


La construction de la plus grande écluse du monde nécessite 740 000 m3  de béton armé,
l'équivalent d'un terrain de football rempli à la hauteur de 30 étages.

La nouvelle écluse du bassin de Deurganck facilitera la navigation des navires océaniques de construction récente, beaucoup plus volumineux, le long de la rive gauche de l’Escaut. Ce fleuve prend sa source en France et traverse le nord-est de la Belgique pour se jeter dans la mer du Nord. Cette seconde écluse sur la rive gauche de l’Escaut est un élément central du plan stratégique visant à étendre les capacités logistiques du port.

« Entre 1990 et 2010, le volume de conteneurs manutentionnés ici a augmenté de 140 %, et cette croissance devrait se poursuivre, observe Marc Van Peel, échevin du port et président du conseil de l’Autorité portuaire d’Anvers. La nouvelle écluse rendra la rive gauche accessible aux navires de la génération actuelle et des générations futures. »

Large de 68 mètres et longue de 500 mètres, l’écluse du bassin de Deurganck équivaudrait par sa taille à une autoroute à 19 voies, dont chacune pourrait accueillir 28 autobus articulés. Les murs de 28 mètres de l’écluse procureraient une sensation de gigantisme à quiconque y aurait pris place. Avec ses 17,80 mètres de profondeur, la nouvelle écluse sera plus imposante que la plus grande à l’heure actuelle, celle de Berendrecht, elle aussi située au port d’Anvers et profonde de 13,5 mètres. Les leçons tirées lors de la construction de Berendrecht ont servi au moment des travaux sur la nouvelle écluse. Les responsables du port d’Anvers ont aussi partagé leur expertise avec les ingénieurs travaillant à l’élargissement du canal de Panama).


Marc Van Peel, échevin du port et
président du conseil de l'Autorité portuaire
d'Anvers

L’aménagement de l’écluse du bassin de Deurganck s’inscrit dans le budget de 2,3 milliards de dollars que le port et le gouvernement de Flandre allouent maintenant et d’ici 2025 à la construction d’infrastructures modernes et plus écologiques. À l’ouverture du tunnel de Liefkenshoek au trafic ferroviaire, plus tard cette année, Anvers, un des principaux ports ferroviaires d’Europe, prévoit une augmentation importante du trafic de wagons de marchandise vers les territoires environnants et en provenance de ceux-ci. Une ligne ferroviaire de 16,2 kilomètres de long reliera les parties est et ouest du port d’Anvers afin de réduire le trafic routier et de faire face à l’augmentation du nombre de conteneurs et du volume de fret traités au port.

Les travaux effectués au port (écluse, ponts et équipements annexes) ont nécessité 20 000 tonnes d’acier de construction, soit près de trois fois plus que l’érection de la tour Eiffel. Malgré sa taille imposante, le projet a exigé l’application de techniques de construction délicates. Ainsi, les portes d’écluse doivent former un joint parfait afin que les voies ferrées encastrées dans le pont se rejoignent parfaitement après le soulèvement et l’abaissement du pont.

Les écluses permettent le passage des navires du bief d’amont, celui de l'Escaut, un fleuve à marées, vers le bief d’aval, celui des quais. L’écluse de Berendrecht permet déjà au port d’Anvers d’accueillir d’énormes navires, entre autres le Mary Mærsk, le plus grand du monde, capable de transporter 18 000 conteneurs de 20 pieds. L’écluse du bassin de Deurganck augmentera la capacité du port d'accueillir les géants des mers.


Bien que massif, le projet fait appel à des manoeuvres de construction
extrêmement délicates pour aligner parfaitement les portes de l'écluse et les
rails de chemin de fer.

« Cette solution de rechange à l’écluse de Kallo sur la rive gauche permettra une circulation plus fluide des conteneurs, indique An Damen, coordonnatrice, marketing et communications, de l’Autorité portuaire d’Anvers. Elle n’entraînera pas de conséquences directes pour les conteneurs arrivant de Montréal, car ceux-ci sont accueillis pour la plupart sur la rive droite. Toutefois, le traitement accéléré d’un nombre supérieur de navires raccourcira le temps de séjour de toutes les embarcations dans le port. »

Différentes aires naturelles ont été aménagées dans le territoire portuaire afin de remplacer les terres et les eaux occupées par l'écluse du bassin de Deurganck. Les estrans vaseux, marais salés, roselières et étangs d’eau douce créés ailleurs sur la rive gauche du fleuve sont censés servir de nouvel habitat à la faune ailée et marine.