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LES ACTEURS

CanEst Transit inaugure une ère nouvelle dans le transport du grain au Port de Montréal


De gauche à droite, Denis Richard, président de La Coop fédérée, Louis Laporte, vice-président
directeur de Beaudier, Michael Fratiani, chef de la direction de Société Terminaux Montréal Gateway,
Pierre Dagenais, président de CanEst Transit, Aref Salem, membre du comité exécutif et responsable
des transports à la Ville de Montréal, Sylvie Vachon, présidente-directrice générale du Port de Montréal

Avec l’ouverture le 2 septembre dernier des installations de CanEst Transit, le Port de Montréal a inauguré une ère nouvelle dans le transport du grain.

« Notre capacité de trier, de tamiser, de nettoyer, de conditionner, d’isoler, de stocker et de conteneuriser les céréales et autres produits agricoles en vue de l’expédition vers les marchés locaux et internationaux est sans pareille en Amérique du Nord », affirme Réal Bélanger, directeur général de CanEst Transit.

Avec la signature d’un bail de 40 ans avec l’Administration portuaire de Montréal, les fondateurs de CanEst ont investi plus de 24 millions de dollars dans la remise en état de l’annexe de l’ancien silo à grains numéro 3, situé rue Notre-Dame près de l’avenue Bourbonnière, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

« Nous avons procédé à un curetage systématique de l’édifice et y avons installé un équipement de pointe qui optimise ses fonctions d’automatisation, la sécurité des travailleurs et l’efficacité énergétique, tout en minimisant le bruit et la poussière », explique Réal Bélanger.

« La démarche de CanEst cadre parfaitement avec la mission du port, laquelle consiste à offrir des services à valeur ajoutée à nos locataires et à leurs clients, de préciser Sylvie Vachon, présidente-directrice générale de l’Administration portuaire de Montréal. Nous prévoyons attirer de nouveaux marchés pour les utilisateurs de nos installations portuaires. »

Grâce à la conteneurisation, les expéditeurs jouissent maintenant d’une flexibilité accrue dans la livraison des produits agricoles en des formats et volumes plus pratiques, à destination des marchés d’outremer, là où certains ports ne disposent même plus de l’équipement nécessaire pour recevoir des produits en vrac. « Il est bien plus facile de trouver preneur pour 20 à 22 tonnes de produits conteneurisés expédiés sur une base régulière que de conclure des marchés portant sur 50 à 55 tonnes de produits en vrac », observe Simon Baillargeon, directeur général responsable du secteur des grains à La Coop fédérée, un des trois principaux investisseurs dans le projet.

Qui sont les principaux investisseurs de CanEst ?


 

Avec ses 9 000 employés et 300 experts consultants, La Coop fédérée est la plus importante coopérative agricole du Québec. Pour les agriculteurs de la province, la coopérative est la principale source de semences, d’équipement, de renseignements sur les plantes, de pratiques de pointe ainsi que d’avancées de dernière heure dans les domaines de la science et de la technologie. La coopérative joue un rôle central en garantissant annuellement des marchés équivalant à 2,2 millions de tonnes de céréales et de nombreux autres produits agricoles.

« Le développement des marchés et l’expansion des céréales québécoises comptant parmi nos priorités les plus urgentes, il va de soi que nous sommes emballés par les perspectives que CanEst ouvre aux producteurs locaux, que ce soit directement ou en passant par notre coopérative, affirme Simon Baillargeon. Nous entrevoyons également un potentiel immense pour les produits de plus en plus diversifiés que les exploitants agricoles québécois cultivent et souhaitent exporter vers l’Ontario, le nord-est des États-Unis et outremer. »

MGT Holdings, propriétaire majoritaire de la Société Terminaux Montréal Gateway (STMG), est un autre investisseur important. Active au Port de Montréal depuis 1969, la STMG prévoit que les services de CanEst permettront l’ouverture de nouveaux marchés et la manutention de volumes de fret conteneurisé plus considérables pour ses terminaux, routes navales et réseaux de camionnage, ainsi que pour les installations des autres entreprises établies au port. « Dans ce genre d’initiatives, il est essentiel que les partenaires du port investissent régulièrement dans les services accessoires, susceptibles d’attirer d’autres entreprises, et qu’ils jouissent du soutien intégral de l’Administration portuaire de Montréal, comme nous le faisons », rappelle Michael Fratianni, membre du conseil de CanEst et directeur-général de la STMG.

« Ce projet enrichit l’offre que nous faisons au secteur agricole d’expédier ses produits via le corridor est, ajoute-t-il. De plus, nous prévoyons que les expéditeurs seront attirés par la capacité de CanEst de stocker des produits agricoles dans les volumes importants requis, puis de les conteneuriser et de les expédier sur une base régulière. Cette offre de services est pratique, économique et disponible à même les installations portuaires. »

L’autre important propriétaire de CanEst, Transit BD, comprend deux groupes d’investisseurs, dont les gens qui sont à l’origine de cette idée. Pierre Dagenais, président de CanEst, en fait partie. Fort d’une expérience de plus de 45 ans dans le secteur des céréales au Québec et au Canada, il est bien connu dans le milieu. « Notre connaissance approfondie du secteur et des interrelations existantes nous mettent certainement le pied à l’étrier, et je crois qu’elles continueront de nous être utiles, observe Dagenais. Le soutien dont nous jouissons pour redonner au Port de Montréal le statut de plaque tournante du transport céréalier est tout simplement renversant. »


"L'immense espace d'entreposage de l'annexe et son emplacement stratégique dans le port, sur le
Saint-Laurent, à proximité des voies ferrées du CN et du CP et des routes pour poids lourds, le rendent
parfait pour nos besoins", dit Réal Bélanger, directeur général de CanEst Transit.

Économies de coûts considérables

Le raccourcissement des distances et les économies de temps et d’argent qui en découlent pour le transport des produits agricoles via le corridor est (plutôt que par l’ouest puis vers l’est par le canal de Panama) devraient attirer les expéditeurs des marchés d’Europe du Nord et de l’Ouest, de la Méditerranée et du Moyen-Orient, maintenant que la conteneurisation est devenue chose possible.

CanEst est en mesure de recevoir annuellement jusqu’à 200 000 tonnes de céréales, pois, lentilles, soya et autres produits agricoles du Québec, de l’Ontario, des Prairies et du Midwest américain, en vrac ou en sac, ces denrées étant livrées par camions ou par trains de 25 à 50 wagons. « En tant que promotrice des produits agricoles québécois, La Coop fédérée est enthousiaste à l’idée de la venue d’une clientèle d’outremer, attirée par l’agriculture québécoise grâce à la conteneurisation, explique Simon Baillargeon. En outre, les nouvelles installations permettent aux producteurs québécois de travailler avec La Coop afin de vendre des produits conteneurisés aux nouveaux clients canadiens et américains, soit directement, ou par l’intermédiaire de CanEst. »

L’ancien silo datait de 1923, alors que Montréal abritait le plus important port céréalier du monde. L’annexe, seule structure encore existante, a été construite cinq années plus tard pour répondre à la croissance de la demande, et elle est restée en exploitation jusqu’en 1993. « L’immense espace d’entreposage de l’annexe et son emplacement stratégique dans le port, sur le Saint-Laurent, à proximité des voies ferrées du CN et du CP et des routes pour poids lourds, le rendent parfait pour nos besoins, d’observer Réal Bélanger. Nous sommes ravis de contribuer à la renaissance de ce lieu historique. »

CanEst est en mesure de stocker jusqu’à 68 000 tonnes de produits agricoles dans 56 silos d’une capacité de 900 tonnes, et dans 35 silos contenant chacun 300 à 500 tonnes. « Cette multitude de silos permet d’exécuter des opérations spéciales, par exemple l’isolation des produits du soya biologiques et non modifiés génétiquement, suivant les procédures rigoureuses exigées par les clients japonais et autres, note Réal Bélanger. Notre capacité de stockage éliminera la congestion dans le transport en libérant des wagons et des camions, capables alors de retourner rapidement charger d’autres denrées agricoles. »

La phase II du projet, prévue l’an prochain, permettra à CanEst de recevoir 100 000 tonnes de plus par bateau. « La possibilité de transborder les céréales directement des navires vers nos installations puis de charger les conteneurs pleins sur des navires de haute mer permettra à nos clients d’économiser de l’argent et de gagner du temps, promet Réal Bélanger. Le transport maritime étant celui qui présente le meilleur rendement énergétique, cette façon de faire permettra de réduire l’empreinte environnementale des transitaires. »

Avec le solide appui donné au projet par l’administration portuaire, CanEst et ses investisseurs voient poindre un âge d’or pour Montréal dans la manutention des céréales et des autres produits agricoles.