Commercer avec le monde

LES ACTEURS

Les éclaireurs de la nouvelle économie environnementale

Au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde, divers organismes sont voués à l’amélioration du caractère durable pour le transport maritime. Nous vous en présentons neuf.


 

L’Organisation maritime internationale (OMI) est une institution spécialisée des Nations Unies responsable de la sécurité et de la sûreté du transport maritime, ainsi que de la prévention de la pollution par les navires. La réglementation, appliquée à l’échelle mondiale, est adoptée au terme de débats, de révisions et d’approbation par une majorité des pays membres de l’OMI.

Ainsi, les nouvelles dispositions de la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) de l’OMI exigent désormais une plus grande efficacité énergétique des nouveaux navires de 400 tonnes ou plus. Ces navires devront répondre aux niveaux définis dans l’Indice de conception en matière d’efficacité énergétique de l’OMI, ainsi que dans le Plan de gestion de l’efficacité énergétique des navires. La convention MARPOL laisse le soin aux armateurs de décider des moyens retenus pour obtenir de tels rendements; ce qui compte, c’est que le nouveau navire réponde aux normes établies.


 

L’Union européenne entend réduire les déchets en mer. « Lors du sommet de la Terre Rio+20, les dirigeants du monde se sont engagés à réduire de manière significative les déchets marins d’ici 2025, a déclaré le commissaire européen à l’environnement, Janez Potocnik. La Commission européenne désire être à la pointe de ces efforts et elle entend lancer et développer des initiatives concertées pour lutter contre ce problème, en collaboration étroite avec les États membres, les responsables des conventions des mers régionales et les acteurs concernés. »

À cet égard, les matières plastiques constituent l’une des principales préoccupations, puisqu’elles représentent la majorité des déchets en milieu marin et qu’elles mettent longtemps à se désintégrer. Afin de susciter la réflexion, la Commission a publié un document présentant une vue d’ensemble de la situation : un portrait global de la législation, des politiques et des stratégies de l’Union européenne reliées à cette problématique.

En fonction de sa directive-cadre « stratégie pour le milieu marin », l’UE a choisi d’obliger ses États membres à parvenir à un « bon état écologique » de leurs eaux marines d’ici 2020. La directive s’applique à tous les pays européens qui bordent l’Atlantique du Nord-Est, la mer Baltique, la mer Méditerranée et la mer Noire.

Chaque pays est donc tenu de procéder à une évaluation initiale qui permettra de détecter les principales menaces à l’environnement, sur son territoire marin. Les déchets marins constituent l’un des onze éléments qui doivent faire l’objet d’une évaluation et de mesures subséquentes. Puis, chaque État doit définir ce que devrait être le « bon état écologique » de ses eaux marines. Il établira ensuite les critères concrets permettant d’évaluer les données de surveillance. Enfin, il se dotera d’objectifs environnementaux audacieux, à atteindre d’ici 2020.


 

L’Organisation européenne des ports maritimes a publié un nouveau «Guide vert» pour aider les administrations portuaires à atteindre l’excellence en matière de gestion environnementale et de développement durable. Ce nouveau guide réunit les pratiques de gestion exemplaires auxquelles tous les ports pourront se référer pour atteindre ou maintenir les mêmes normes élevées en matière environnementale.

« Je suis convaincu que les objectifs ambitieux cités dans le Guide vert inciteront nos membres à surpasser leur rendement sur le plan de la gestion et de la performance environnementale », soutient le président de l’OEPM, Victor Schoenmakers.

Les administrations portuaires sont invitées à respecter et à faire respecter par les utilisateurs du port les cinq « E » d’une démarche de développement durable proposés dans le guide : l’exemple, l’élan, l’encouragement, l’engagement et l’exécution (en anglais : exemplify, enable, encourage, engage, enforce). Ce nouveau guide contient par ailleurs des stratégies pratiques pour les aider à respecter leurs engagements environnementaux.

Le guide invite les ports à assumer la responsabilité de leurs initiatives, à adopter des indices de référence de rendement, et à fonder leurs réalisations sur des preuves scientifiques. Deux annexes proposent des solutions concrètes à diverses problématiques, et présentent les principales dispositions législatives de l’UE relativement à la gestion de l’environnement dans les ports.


 


Sustainable Shipping Initiative (SSI)
Cette organisation, créée en 2010 par Forum for the future et WWF, regroupe 18 leaders de l’industrie du transport maritime, dont Maersk Line, Cargill, Lloyd’s Register, DaeWoo Shipbuilding et un important client, Unilever. Son but premier : répondre au besoin urgent de l’industrie de définir des priorités d’innovation en matière de protection de l’environnement. Pour Maersk, la SSI permettra de promouvoir les avantages des techniques de propulsion qui limitent les émissions de gaz polluants.

L’objectif à court terme de SSI est d’obtenir des changements rapides et pragmatiques et d’aider les entreprises à concevoir des politiques d’innovation. Ce genre de partenariat entre ONG et entreprises pour fixer des codes de conduite est de plus en plus fréquent. On espère créer un leadership innovant assez puissant pour tirer l’ensemble du secteur. Les objectifs de la première feuille de route du SSI visent la création de modèles de financement des nouvelles technologies; la levée des barrières qui freinent l’adoption de carburants et de technologies propres; la réduction de l’impact du cycle de vie des cargos; la création de standards globaux pour les codes de conduite volontaires. Le prochain événement de SSI se tiendra à Singapour en septembre 2013.


 


Le Conseil mondial des océans a organisé un deuxième « Sommet des océans durables » à Washington, D.C., du 22 au 24 avril. Cette conférence se voulait l’occasion de donner un nouvel élan aux efforts de la communauté d’affaires océanique pour assurer la protection de l’environnement marin. Ainsi, l’édition 2013 du Sommet des océans durables a misée sur les progrès réalisés à Belfast lors de la conférence de 2010, laquelle avait attiré plus de 150 intervenants représentant un vaste éventail de secteurs liés aux activités océaniques.

 


 

Toujours en Amérique du Nord, le Conseil Canada–États-Unis de coopération en matière de réglementation cherche à mieux harmoniser les systèmes de réglementation de ces deux pays. Parmi les 29 initiatives retenues jusqu’ici, certaines portent sur les secteurs des transports et de l’environnement. Le secteur maritime souhaiterait l’adoption d’un seul et unique ensemble de règles applicables aux deux pays, dans le but d’alléger la bureaucratie et éviter d’être confrontés à des exigences contradictoires ou ambiguës.

 


 

La Fédération maritime du Canada s'est associée à un organisme environnemental voué à la préservation des mammifères marins, soit le Réseau d’observation de mammifères marins (ROMM), en vue d’inciter les membres d’équipage à bord des navires à être particulièrement vigilants dans les corridors fréquentés par les baleines, les marsouins, les dauphins et les tortues. Ce guide contribuera à sensibiliser davantage les navigateurs et les équipages quant à la vigilance particulière qui s’impose dans ces zones pour éviter de perturber ou de blesser ces mammifères.

 


 

Le Technopole maritime est un réseau de spécialistes et d’étudiants qui cherchent à accélérer le développement des sciences, des technologies et des biotechnologies marines du Québec à travers des projets de recherche, des initiatives d’appui aux laboratoires, des conseils pour l’obtention de bourses, des conférences et des programmes de formation. Récemment, près de 200 personnes ont pris part à un forum ayant pour thème « L’approche écosystémique appliquée aux ressources marines : l’heure des choix ». Cette activité a attiré plusieurs intervenants de l’industrie, du milieu universitaire, d’organismes environnementaux, gouvernementaux et parapublics, des experts conscients de l’importance écologique et socioéconomique des voies maritimes, et soucieux de les préserver.

L’Alliance verte est un programme environnemental volontaire fondé en 2007 et destiné à l’industrie maritime du Canada et des États-Unis. Son but est d’implanter un programme uniforme d’un bout à l’autre du continent nord-américain. Son programme d’amélioration continue des bonnes pratiques environnementales permet aux participants de se mesurer, de se comparer aux autres acteurs de l’industrie et de faire connaître leurs initiatives, leurs progrès et leurs bons coups. Chaque participant reçoit un bilan annuel de ses activités. Leur nombre augmente régulièrement d’une année à l’autre. Le Port de Montréal est l’un des membres fondateurs de l’Alliance verte.