Commercer avec le monde

LES ACTEURS

Une équipe branchée sur les technologies

Au Port de Montréal, les nouvelles technologies sont l’affaire de toute une équipe, répartie dans plusieurs secteurs de la gestion des installations du port.


Jean-Luc Bédard
Navigation électronique
Projet piloté par Jean-Luc Bédard
Capitaine du Port de Montréal

Tous les navires qui remontent les eaux du fleuve Saint-Laurent se font guider, à partir des Escoumins, par un pilote aguerri, qui connaît par cœur tous les détours et écueils de l’autoroute bleue. Leurs connaissances très poussées et les outils performants qu’ils maitrisent assurent aux navires visiteurs une navigation sécuritaire et efficiente.

Depuis quelques années, les pilotes du Saint-Laurent se présentent sur les navires avec leur propre équipement sophistiqué de navigation et de communication. Ils n’ont qu’à brancher leur ordinateur dans la prise pilote pour avoir accès instantanément aux informations nécessaires à une navigation sécuritaire et éclairée, comme les avis à la navigation, des renseignements sur les niveaux d’eau, le balisage, les glaces. Ils s’ajoutent aux données de base, soit la position du navire sur le fleuve, sa vitesse, sa direction, ainsi que celles de tous les autres navires. Bref, il a accès en temps réel aux informations qui concernent le trafic sur le fleuve.


Auparavant, les pilotes utilisaient l’équipement de communication radio du navire, très inégal d’un bâtiment à l’autre. Par ailleurs, les communications vocales limitaient sérieusement le format et le volume des informations qui pouvaient être transmises. « Vous admettrez qu’il est difficile de transmettre une carte vocalement », dit en riant Jean-Luc Bédard.
 
Aujourd’hui, avant d’embarquer, le pilote du Saint-Laurent se branche sur le réseau d’information de Pêches et Océans Canada et télécharge les derniers avis à la navigation : la lumière d’une bouée ne fonctionne pas, un haut-fond a été détecté, etc.

Certaines autres informations critiques, comme les niveaux d’eau, lui sont transmises en temps réel. Jean-Luc Bédard et son équipe sont fiers de leurs résultats et ils continuent de pousser le projet; bientôt, les pilotes n’auront même plus besoin de télécharger ces informations, car elles leur parviendront en un flux constant, au fur et à mesure de leur mise à jour.

Par ailleurs, le projet de navigation électronique continue de progresser et bien des nouveautés sont attendues dans un avenir rapproché. À suivre…


Frédéric Pelletier
Inspection des quais 3D
Projet piloté par Frédéric Pelletier
Spécialiste en géomatique et chargé de projet au département des TI

Au Port de Montréal, les intervenants des inspections des installations de quais disposent d’une représentation 3D des quais submergés, tout en restant bien au sec dans la cabine de leur remorqueur. Ils peuvent ainsi établir un premier diagnostic global de l’état de l‘ouvrage, ce qui leur permet de mieux planifier les travaux à effectuer et d’optimiser les interventions des plongeurs dans les zones problématiques.


« Dans le cadre d’un projet pilote, nous avons réuni trois technologies : un échosondeur multifaisceaux (MBES), un scanneur laser terrestre (LiDAR) et un système de positionnement GPS de haute précision », explique Frédéric Pelletier, chargé de projet au département des TI du Port de Montréal.

Traditionnellement, l’inspection de la partie submergée d’un quai est effectuée par des plongeurs, qui sont souvent exposés à des conditions difficiles, dont le fort débit du courant, une mauvaise visibilité engendrée par la turbidité de l’eau, etc. Cette situation a donc amené le Port de Montréal à se pencher, au cours de la dernière année, sur l’utilisation combinée des technologies sonars et scanneurs laser terrestre.

Les défis reliés à l’exploitation de ces technologies portent notamment sur la précision du positionnement des points colligés. On doit aussi analyser les logiciels qui seront utilisés pour le traitement et l’analyse comparative des résultats dans le temps et l’espace qui émanent des données d’inspection.

Le résultat de l’examen effectué avec ces nouveaux outils prend la forme d’une représentation en 3D des infrastructures, accompagnée d’une série de représentations en 2D, avec lesquelles les spécialistes des travaux d’infrastructure sont familiarisés. Ce rapport offre une précision améliorée. « Pour la première fois, les ingénieurs responsables de la planification des travaux d’entretien ont une perception complète des façades de quais, à partir du fond marin jusqu’au-dessus du mur du quai ! » dit Frédéric Pelletier.


François Valiquette
Instrument d’arpentage robotisé
Projet piloté par François Valiquette
Agent technique au département des ressources informationnelles

L’été dernier, François Valiquette, agent technique au département des ressources informationnelles, a dû arpenter le revêtement au quai M6, en prévision de son resurfaçage. Pour planifier ces travaux, on avait besoin des dimensions et de la dénivellation précises de la surface à repaver.


Pour faire son travail, François Valiquette était accompagné de son fidèle complice, c’est-à-dire son appareil d’arpentage robotisé (Station totale robotisée TPS). Ledit appareil est un robot muni entre autres d’une lentille montée sur un trépied. Fabriqué par la célèbre entreprise allemande Leica, l’appareil en question a d’ailleurs l’attrait d’un appareil photo ancien. François Valiquette installe son appareil bien centré et nivelé sur un repère précis de la surface à mesurer. Puis il s’en éloigne pour ratisser, à pied, la surface, en tenant à la main un ordinateur qui fait office de carnet de notes et qui communique avec l’appareil en utilisant un protocole de communication sans fil.

À mesure que François se déplace, transportant avec lui l’ordinateur de main fixé à une canne télescopique munie d’un prisme 360°, la lentille de l’appareil le suit, mesurant en continu l’angle, la distance et l’élévation qui les séparent. C’est le prisme qui réfléchit le faisceau lumineux du TPS et qui le retourne, comme une chauve-souris qui crie pour capter les ondes sonores de son écho.

François n’a plus qu’à enregistrer sur l’ordinateur les coordonnées spatiales, chaque fois qu’il s’arrête en un point précis de la surface. Il quadrille ainsi toute la surface, ce qui lui permettra ensuite de tracer des courbes de niveau de la surface.

« Cet appareil est très résistant et il tolère les basses températures. Je l’ai vu travailler en hiver, alors qu’il était recouvert d’un pouce de glace », dit François Valiquette, en vantant son appareil de mesure. Cet instrument robotisé procure en outre des informations d’une grande précision, ajoute l’agent technique, qui avoue être lui-même un maniaque de la précision. Décidément, ces deux-là sont faits pour s’entendre.


Gaétan Vigneault
Un wifi pour les marins
Projet piloté par Gaétan Vigneault
Directeur de la technologie de l’information

Les marins du monde se passent le mot : dans le port de Montréal, on a accès à Internet gratuitement, à bord du navire !

Parce que les séjours dans les ports sont plus courts, et l’équipage, moins nombreux qu’autrefois, les marins n’ont plus toujours le temps de mettre pied à terre. Confinés à bord, ils sont parfois privés d’un contact avec leur famille pendant de longues semaines. Mais, depuis décembre 2011, le port de Montréal s’est taillé la réputation d’escale où il fait bon s’arrêter pour retrouver ses enfants, son conjoint, ses amis sur Skype, ou pour leur donner des nouvelles par courriel. Le service est assuré jour et nuit, à longueur d’année.


Chaque semaine, le Port de Montréal envoie un nouveau nom d’usager et un mot de passe aux transporteurs maritimes qui, à leur tour, le relaient à leur navire qui arrive à Montréal. Ainsi, le réseau sans fil est réservé aux marins, de sorte qu’il ne souffre jamais d’un ralentissement qui serait causé par un trop grand achalandage sur la bande passante.

Le Port de Montréal possédait déjà un réseau d’antennes couvrant tout son secteur, sur 40 km, de la Cité du Havre jusqu’à Contrecœur, pour assurer la navigation électronique et les communications des équipes de travail du port, comme les services de sécurité. En moyenne, 24 communications par jour sont effectuées par les équipages de passage à Montréal, chaque connexion profitant à plusieurs marins.


Luc Dumontier

Cartographie automatisée des hauts-fonds  
Projet piloté par Luc Dumontier
Superviseur, ressources informationnelles

Deux fois par année, l’équipe de la flotte du Port de Montréal sonde et passe au peigne fin le fond des eaux du port pour s’assurer que rien n’entrave la course des navires qui les visitent : roches charriées par le courant, ensablement, etc.

Pour effectuer l’inspection, une barre à sonder large de 12,2 mètres, accrochée à une plateforme de remorquage, est descendue au fond de l’eau, et ratisse systématiquement les abords des quais. Quand elle rencontre une masse, la barre est soulevée, signifiant du même coup le haut-fond grâce à un système de poulies et d’indicateurs raccordé à une règle de mesure, sur l’embarcation.


Jusqu’à récemment, la lecture d’un haut-fond se faisait visuellement : un homme surveillait les mouvements de l’indicateur sur la règle et criait les résultats à un collègue, qui enregistrait les dénivellations ainsi mesurées.

Depuis 2012, la lecture des hauts-fonds se fait automatiquement et de façon beaucoup plus précise. On a procédé à l’automatisation des lectures grâce à des capteurs installés à chaque extrémité du système de poulies et d’indicateurs. Les mesures sont ensuite localisées grâce à un compas GPS de haute précision.

La profondeur d’eau disponible est calculée, enregistrée et traduite instantanément sur un écran couleur. Un logiciel de captage permet ensuite d’afficher et d’imprimer les cartes de sondage. « C’est comme si je peignais le fond marin avec mon navire! » s’exclame Michel Dufour, surveillant des travaux maritimes et de l’équipement flottant, et capitaine du Denis M, le remorqueur du port. Dans une même journée, on sort sur l’eau, on sonde, on capte, on traite et on diffuse les résultats finaux de détection de hauts-fonds.

Sur l’écran, les zones peintes en gris signifient qu’à ces endroits, la profondeur d’eau assurée par le Port de Montréal est bel et bien là; les zones rouges indiquent les hauts-fonds.

On utilise à la fois les échosondeurs multifaisceaux et la barre à sonder. Cette dernière n’a pas dit son dernier mot : elle ne se laisse pas berner par les hautes herbes qui poussent parfois au fond du fleuve et que les échosondeurs prennent souvent pour un fond solide. De plus, la barre valide la profondeur d’eau assurée tout près des quais, là où les échosondeurs multifaisceaux risquent de ne pas être précis, à cause du bruit dans le signal sonore.

Par contre, la barre ne peut pas détecter la profondeur d’eau réelle, c’est-à-dire le volume d’eau qui est sous elle. Un travail que les échosondeurs multifaisceaux réussissent aisément lors d’une campagne annuelle de sondage bathymétrique. On le voit, les deux outils se complètent.